Le pessimisme et l'optimisme

633 mots 3 pages
" Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de volonté. Tout homme qui se laisse aller est triste, mais c'est trop peu dire, bientôt irrité et furieux. Comme on voit que les jeux des enfants, s'ils sont sans règle, tournent à la bataille; et sans autre cause ici que cette force désordonnée qui se mord elle-même. Dans le fond, il n'y a point de bonne humeur ; mais l'humeur, à parler exactement, est toujours mauvaise, et tout bonheur est de volonté et gouvernement. Dans tous les cas le raisonnement est serf. L'humeur compose des systèmes étonnants que l'on voit grossis chez les fous ; il y a toujours de la vraisemblance et de l'éloquence dans les discours d'un malheureux qui se croit persécuté. L'éloquence optimiste est du genre calmant; elle s'oppose seulement à la fureur bavarde; elle modère ; c'est le ton qui fait preuve, et les paroles importent moins que la chanson. Ce grondement de chien, que l'on entend toujours dans l'humeur, est ce qu'il faut changer premièrement; car c'est un mal certain en nous, et qui produit toutes sortes de maux hors de nous. C'est pourquoi la politesse est une bonne règle de politique; ces deux mots sont parents; qui est poli est politique. L'insomnie là-dessus nous enseigne; et chacun connaît cet état singulier, qui ferait croire que l'existence est par elle-même insupportable. Ici il faut regarder de près. Le gouvernement de soi fait partie de l'existence; mieux, il la compose et l'assure. D'abord par l'action. La rêverie d'un homme qui scie du bois tourne aisément à bien. Quand la meute est en quête, ce n'est pas alors que les chiens se battent. Le premier remède aux maux de pensée est donc de scier du bois. Mais la pensée bien éveillée est déjà apaisante par elle-même; en choisissant elle écarte. Or, voici le mal de l'insomnie; c'est que l'on veut dormir et que l'on se commande à soi-même de ne point remuer et de ne point choisir. En cette absence du gouvernement, aussitôt les mouvements et les idées ensemble suivent un cours

en relation

  • L'optimisme et pessimisme
    3842 mots | 16 pages
  • Fernandez affirme : « la littérature occidentale valorise la nuit, l’échec, la mort, le pessimisme contre le jour, la réussite, la vie, l’optimisme. » fernandez a-t-il raison ?
    1005 mots | 5 pages
  • Amine
    924 mots | 4 pages
  • Optimisme et pessimisme dans candide
    1081 mots | 5 pages
  • L'optimisme
    651 mots | 3 pages
  • Optimisme et pessimisme dans candide
    743 mots | 3 pages
  • L'optimisme
    550 mots | 3 pages
  • Candide , l'optimisme
    1577 mots | 7 pages
  • Sonnet pour hélène
    610 mots | 3 pages
  • Exposé sur l'optimisme
    493 mots | 2 pages