Les émeutes de 2005 ( baccalauréat au bade-wurrtemberg)

Pages: 10 (2441 mots) Publié le: 24 mai 2013
Dans la ville où les incidents ont commencé, certains se désolidarisent des émeutiers

Karim met le contact. À 21 ans, le jeune homme partage son temps entre la fac et « un taf (travail) au noir» pour aider sa mere à payer le loyer. Aujourd'hui, son camion de livraison roule sur les rues de Clichy-sous-Bois, fenêtres ouvertes. II fait beau. Les HLM défilent.
5 Murs lépreux, vitrescassés, boîtes aux lettres défoncées, escaliers et murs tagués. Le véhicule dépasse le Burger King Muslim, un nouveau fast-food halal, très prisé dans cette ville où près de la moitié des 25 000 habitants ont moins de 25 ans. Il n'y a personne dans l’allée Maurice-Audin, où s'affrontaient il y a dix jours les jeunes et les forces de l’ordre au milieu de voitures en flammes ou renversées. Ici et là, destraces de voitures brûlées
10 restent.
Karim qui appelle au calme depuis le début des violences gare la voiture. Une dizaine de ses camarades discutent au pied d'une HLM dans le quartier du Chêne pointu, d'où sont parties les premières émeutes, juste après la mort de deux jeunes Clichois qui se croyaient poursuivis par la police. La contagion des violences à toutes les banlieues deFrance,
15 personne ici ne l'avait prévuee. «Au début, ça nous a fait chaud au cœur,» dit Karim. «Même les cités rivales ont été bouleversées par la mort des deux petits!»
Karim a participé aux premières nuits d'émeutes avant d'arrêter parce que «ça dégénérait». «Au début, on était tous ensemble et on poursuivait le même objectif: venger nos deux amis. Après, chacun brûlait dans son coin, etc'était brûler pour brûler. Ça ne vaut pas la
20 peine de risquer la prison pour ça.» À Clichy-sous-Bois, les jeunes suivent les évènements au jour le jour, ne parlent plus que de ça. Mais si beaucoup sont «fiers» que tout ait commencé ici, certains trouvent aussi que «ça va trop loin». «Ils brûlent des bus qui sont là pour nous rendre service, s'énerve Mohamed. Ils tapent des gens. Ici,c’était nous contre la police, c'est tout. Il ne faut pas s’en prendre aux écoles, encore moins aux gens!
25 Il ne faut pas tout mélanger!»
D'après Karim et Mohamed, ceux qui continuent les émeutes dans les banlieues sont «des radicaux». Des «gens qui profitent de la situation pour s'amuser», parce qu'ils «n'ont rien à faire» dans leur «cité pourrie». Comme les irréductibles qui ont incendié lenouveau gymnase de Clichy, à côté du collège Henri-Barbusse. «C’est n'importe quoi, dit Karim. Tout
30 le monde ici le condamne. Chacun en profitait, de ce gymnase!»
Pour Aziz, la contagion des violences urbaines a néanmoins «permis à la France entière de découvrir ce qui se passait en banlieue». Emmitouflés dans leurs blousons, les mains dans les poches, les jeunes Clichois font la listede leurs frustrations. Pas de travail. Des discriminations à l'emploi ou au logement, à raison de leur nom ou de celui de leur ville,
35 qui «fait peur». Des bus en nombre insuffisant pour desservir leur quartier, enclavé. Un stade de foot fermé. Pas de piscine, pas de cinéma. Pas même pas «un bac à sable pour les petits». Des contrôles policiers répétés et musclés. L'insalubrité des logementsqui font de Clichy «un territoire à part», «coupé du monde», un «endroit qui n’est pas vraiment la France». «On était oubliés», exprime Hakim. «Là, au moins, les ministres se mettent
40 autour d'une table pour parler de nous.»
À Clichy-sous-Bois, cela fait plusieurs jours que le calme est revenu. Les parents en avaient «vraiment marre», dit Karim. Les plus grands en avaient «marre aussi»et les petits sont retournés à 1'école. «Pour nous, c'est fini», explique Aziz. «On s'est fait entendre, on a parlé de nous. Maintenant, on attend.» Ils attendent de voir les effets des
45 mesures annoncées lundi par Dominique de Villepin. Ils attendent le résultat de l'enquête qui dira si leurs amis étaient ou non poursuivis par la police quand ils ont decidé d'aller se cacher dans le...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Emeutes urbaines en 2005
  • Sujet baccalauréat général 2005
  • Baccalauréat s polynésie 9 juin 2005
  • Baccalauréat mathématiques–informatique amérique du sud novembre 2005
  • Les émeutes
  • émeute
  • baccalauréat
  • Baccalaureat

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !