Les gouvernements nous imposent la justice, mais pourraient-ils nous l'imposer s'ils ne l'avaient pas d'abord violée pour s'établir ?"

Pages: 13 (3143 mots) Publié le: 30 octobre 2012
"Les gouvernements nous imposent la justice, mais pourraient-ils nous l'imposer s'ils ne l'avaient pas d'abord violée pour s'établir ?"
-Foscolo

 
           Le dramaturge italien Hugo Foscolo écrit dans les Dernières Lettres de Jacques Ortis :« Les gouvernements nous imposent la justice, mais pourraient-ils nous l'imposer s'ils ne l'avaient pas d'abord violée pour s'établir ? » Il relèveune contradiction entre le fonctionnement du gouvernement et l'origine de celui-ci qui se ferait en toute violation des lois préexistantes. D'un côté, le gouvernement présente des moyens institutionnels pour imposer la justice, et de l'autre un gouvernement qui se fonde sur l'injustice et la violence. Dans le contexte de l'½uvre, Foscolo vise les régimes despotiques, qui se maintiennent après lecongrès de Vienne (de 1815). Mais même la démocratie, respectueuse du droit et des citoyens a pu s'imposer par la force d'une révolution et par le rejet violent d'une législation antérieure. Cette citation nous invite à nous interroger sur le lien entre la justice, où le gouvernement est garant, et une violence originelle qui lui est constitutive. Elle met en question le pouvoir politique légitimequi manque à la justice tout en prétendant de l'imposer.
Quel rapport le gouvernement institué entretient-il avec la violence ?
Quels rapports de forces existent-ils au sein même de la justice et des institutions politiques ?
          Répondons à ces questionnements en trois parties, dont l'une expliquera d'abord que le gouvernement résulte d'un rapport de forces qui méprise la loi et lajustice, puis dans un second temps, une partie qui expliquera comment la justice garantit un ordre et prévient le chaos, pour finalement terminer sur la conciliation de la justice universelle et de l'exercice du gouvernement.
 

         L'histoire nous montre que les gouvernements ont vu le jour dans des guerres, dans des familles et des clans. Ils sont l'expressions, bien souvent, de la  dominationd'un groupe (ethnique, social, ...) La succession paisible dans une monarchie ou l'alternance du pouvoir dans une démocratie ne suffisent pas pour démentir l'existence d'un rapport de force, au terme duquel le vainqueur impose sa loi ; sa justice qui est un fondement de l'ordre social. Commençons par la violation originelle. C'est de cette violation première qu'il faut d'abord débattre.Mythologies et récits historiques convergent. Tout comme Zeus qui a anéanti les Titans pour régner sur l'Olympe, tout comme Romulus qui a tué son frère Remus qui le contestait la limite de son territoire, les fondateurs d'une dynastie ont versé le sang pour prendre le pouvoir par la force. Dans L'Orestie, Eschyle confirme ce qui apparait être un règle dans l'histoire : La prise du pouvoir par la force deClytemnestre, et Egisthe, par l'assassinat d'Agamemnon. Ici, nous retrouvons une double vengeance : tout d'abord de la part d'Egisthe sur Agamemnon, sont cousin qu'il haït, mais aussi Clytemnestre se vengeant du sacrifice de sa fille Iphigénie. Par la suite de l'½uvre, Oreste fait lui aussi acte de vengeance, en tuant sa propre mère Clytemnestre, et Oreste, pour retrouver ainsi son trône légitime :Toutes ses vengeances se veulent actes de justice, et s'accompagnent de violence. On cherche la réparation dans le sang. Ne nous attardons pas plus sur des exemples de l'Orestie, regardons du côté de Pascal, dans Les Pensées : Il n'ignore pas que tout pouvoir ne résulte pas du pouvoir naturel de celui qui les détient. Le hasard joue donc un rôle, comme il l'affirme dans le Premier Discours sur lacondition des Grands. Dans Les Raisins de la Colère, les paysans chassés de leurs terres se souviennent des sacrifices et des peines de leurs ancêtres sur leurs propres terres, mais oublient la violation de leurs ancêtres sur les populations antérieurs, je veux bien sûr faire référence aux tribus indiennes, préalablement installées. Peut-être n'y a-t-il jamais eu de justice idéale naturelle, et...
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