Les mains libres

Pages: 12 (2793 mots) Publié le: 1 novembre 2014
Introduction

Paul Eluard et Man Ray ont tous deux été de grands amoureux, et surtout des artistes qui ont su magnifier le corps des femmes : Man Ray comme peintre du désir et, plus encore que dans ses dessins, en génial photographe de la beauté féminine, comme dans Le violon d’Ingres ; les poèmes de Paul Eluard n’ont jamais cessé de dire combien la femme lui était vitale et de célébrer laforce de l’amour. Rien d’étonnant donc au fait que la femme soit le centre, le cœur vivant des Mains libres. Mais toutes les figures de femmes n’y apparaissent pas satisfaites, comme si les images négatives servaient à mieux faire ressortir la félicité de la jouissance.


Hypothèses

Le recueil met en scène plusieurs femmes insatisfaites, ou insatisfaisantes : par le malaise qu’ils provoquent,ces avatars inanimés, ces femmes indisponibles pour l’amour, qui ne peuvent ni combler ni être comblées, font par opposition mieux ressortir les délices de l’amour et de la jouissance partagés.


Plan

I. Le malheur : absence d’amour ou désir nonpartagé entraînent l’insatisfaction

A. Hypothèse

B. Avatars inanimés de la femme

C. Femmes non disponibles pour l’amour


II. Le bonheur : désir, amour et jouissance, le chemin vers la félicité

A. Hypothèse

B. La célébration du désir

C . Variations érotiques


I. Insatisfaction


A. Hypothèse : absence d’amour = mort à soi et au monde

a) Lecredo éluardien en la femme vitale est explicitement rappelé dans le poème Femme portative : « Si ce que j’aime m’est accordé / Je suis sauvé / Si ce que j’aime se retranche / S’anéantit / Je suis perdu ». Les deux dessins de Solitaire et L’attente, mains de femme puis mains d’homme, donnent à voir la vacuité du temps pour le solitaire réduit à un jeu enfantin ou une toile d’araignée ; les poèmesdisent pour le premier l’angoisse d’être seul, dans un questionnement lancinant (« Qui parle / Qui peut vivre seul / Sans toi / Qui »), que les monosyllabes transforment en cri stérile –l’absence de l’être aimé épuise les mots, les vide de leur substance, comme elle prive la vie de sa chair- ; dans le second, encore une fois, un parfait alexandrin romantique rythme la douleur de la dépossession :« Je n’ai jamais tenu sa tête dans mes mains ».


b) douleur de l’absence : Narcisse (diptyque), où l’on voit un nu acéphale tenir un masque, dérisoire restitution de la partie du corps manquante, comme si jamais un masque avait pu pallier l’absence de l‘être aimé (seul l’Aurélien d’Aragon peut se contenter de remplacer la Bérénice qu’il aime par le masque mortuaire de l’Inconnue de laSeine…) ; le parfait alexandrin romantique, scindé typographiquement en trois, comme le corps, séparé de sa tête, en montre un pâle substitut, dit assez l’impasse de la solitude : « Masque de poix / N’être que soi / Guide égaré ».


c) autoportraits de l’artiste esseulé : enfin, Nu peut apparaitre comme un autoportrait des deux artistes privés de celles qu’ils aiment. Le dessin représente une chimèrenue, un être androgyne (visage et mains féminins, de profil, seins remplacés par des ailes, morphologie androgyne, ventre sans caractéristiques sexuelles, absence de poils pubiens). Le poème est une mise en garde, pour soi ou pour l’ensemble des hommes, contre leurs rivaux, les invitant à ne pas se laisser déposséder, dépouiller de leur bien le plus précieux, celles qu’ils aiment : « Prends gardeon va te prendre […] ton lit / Tes prairies blondes et la lueur / Des lèvres que tu aimes », comme si Eluard s’apostrophait et se / leur rappelait la nécessité de se battre pour garder présente la femme aimée. En effet, si les surréalistes ont inventé l’amour libre, s’ils ont toujours reconnu les libres choix de leurs compagnes, leur perte s’est toujours accompagnée d‘une profonde douleur....
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