Les obsèques de la lionne

Pages: 10 (2414 mots) Publié le: 21 mai 2010
Fiche de présentation de la séance 3

Niveau : Tronc commun

Activité : Lecture analytique

Support : « Les obsèques de la lionne » de Jean de la Fontaine.

Durée : 2h

Compétences visées : -Etre capable de faire une lecture expressive
-Reconnaitre les caractéristiques du genre de la fable
-Initier lesélèves à quelques éléments de la versification.
-Comprendre la morale de la fable
Pré- requis : Les élèves doivent avoir des connaissances en matière des caractéristiques du récit et des figures de style, notamment les figures par analogie.

Déroulement de la leçon

• Lecture magistrale.

• Lecture à haute voix faite par les élèves.Ces derniers doivent respecter la ponctuation, les unités de sens ainsi que quelques règles de la métrique (règle du « e » muet, synérèse et diérèse).

Les obsèques de la lionne

La femme du Lion mourut :
Aussitôt chacun accourut
Pour s'acquitter envers le Prince
De certains compliments de consolation,5 Qui sont surcroît d'affliction.
Il fit avertir sa Province
Que les obsèques se feraient
Un tel jour, en tel lieu ; ses Prévôts y seraient
Pour régler la cérémonie,
10 Et pour placer la compagnie.
Jugez si chacun s'y trouva.
Le Prince aux cris s'abandonna,
Et toutson antre en résonna.
Les Lions n'ont point d'autre temple.
15 On entendit à son exemple
Rugir en leurs patois Messieurs les Courtisans.
Je définis la cour un pays où les gens
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu'il plaît au Prince, ou s'ils ne peuvent l'être,20 Tâchent au moins de le parêtre,
Peuple caméléon, peuple singe du maître,
On dirait qu'un esprit anime mille corps ;
C'est bien là que les gens sont de simples ressorts.
Pour revenir à notre affaire
25 Le Cerf ne pleura point, comment eût-il pu faire ?
Cette mort le vengeait ; laReine avait jadis
Etranglé sa femme et son fils.
Bref il ne pleura point. Un flatteur l'alla dire,
Et soutint qu'il l'avait vu rire.
30 La colère du Roi, comme dit Salomon,
Est terrible, et surtout celle du roi Lion :
Mais ce Cerf n'avait pas accoutumé de lire.
Le Monarque lui dit :Chétif hôte des bois
Tu ris, tu ne suis pas ces gémissantes voix.
35Nous n'appliquerons point sur tes membres profanes
Nos sacrés ongles ; venez Loups,
Vengez la Reine, immolez tous
Ce traître à ses augustes mânes.
Le Cerf reprit alors : Sire, le temps de pleurs
40 Est passé ; ladouleur est ici superflue.
Votre digne moitié couchée entre des fleurs,
Tout près d'ici m'est apparue ;
Et je l'ai d'abord reconnue.
Ami, m'a-t-elle dit, garde que ce convoi,
45Quand je vais chez les Dieux, ne t'oblige à des larmes.
Aux Champs Elyséens j'ai goûté mille charmes,Conversant avec ceux qui sont saints comme moi.
Laisse agir quelque temps le désespoir du Roi.
J'y prends plaisir. A peine on eut ouï la chose,
50 Qu'on se mit à crier : Miracle, apothéose !
Le Cerf eut un présent, bien loin d'être puni.
Amusez les Rois par des songes,
Flattez-les, payez-les...
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