Les ongs et le secteur de la conservation, david dumoulin

13282 mots 54 pages
Manuscrit auteur, publié dans "Représenter la nature. ONG et biodiversité, Catherine Aubertin (coord.) (Ed.) (2005) pp. 59-98"

Publié/citer :
- David Dumoulin, « Les ONG et le secteur mondialisé de la conservation », (avec Estienne Rodary) dans Catherine Aubertin (coord.) : Représenter la nature. ONG et biodiversité, Paris, Presse de l’IRD, 2005, pp. 59-98

Résumé : Mots- clé : Biodiversité ; ONG ; Aires protégées, politiques publiques ; globalisation Key-words : Biodiversity, ONG, Protected Areas, policies, globalization Les ONG, au centre du secteur mondial de la conservation de la biodiversité Comment comprendre le lien qui unit la notion de biodiversité et l’action des ONG qui se consacrent à la conservation de la nature ? Ces ONG sont omniprésentes dans les débats scientifique et politique autour de la biodiversité comme dans les actions visant à sa protection. Cet article se propose d’évaluer la corrélation qui unit la croissance institutionnelle des ONG de conservation et la promotion mondiale de la notion de biodiversité. Pour pouvoir évaluer cette corrélation, il est nécessaire d’analyser l’histoire et les configurations actuelles des politiques de protection institutionnalisée de la nature, suivant deux argumentaires principaux. D’une part, la « conservation de la nature », en tant que domaine d’activité, précède largement la diffusion de la notion de biodiversité, qui n’est qu’un des avatars de l’objet « nature » à protéger. Les ONG y ont joué un rôle de plus en plus important jusqu’à aujourd’hui, promoteurs d’un véritable « secteur mondial de la conservation », intégré et hiérarchisé, incluant agences publiques et opérateurs commerciaux, et organisé autour de la gestion des aires naturelles protégées. Le déploiement planétaire de ce secteur s’appuie sur des emboîtements d’échelles depuis les bureaux internationaux de l’« oligopole » jusqu’aux ONG locales ad hoc. D’autre part, malgré ses promesses et sa médiatisation, la biodiversité n’a finalement

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