Les pièces de théâtre ne sont faites que pour être jouées

Pages: 12 (2848 mots) Publié le: 9 janvier 2011
Je m'allonge à côté d'elle, et je ferme les yeux, sachant très bien que je ne dormirais pas. Je ne dors plus depuis longtemps, et je redoute la nuit comme une vérité qui fait mal. Il n’y a pas d’alternance de joie et de peine, il n’y a que de la peine, et la joie est un simple état de grâce. Toute la journée, je me shoote au monde, aux gonzesses, aux apparences, comme autant de morphines quicalment la douleur mais pas la maladie, puis les effets se dissipent, c’est la nuit, je ne dors pas, et j’ai maaaaal.

Mon père est mort, j’ai hérité, j’ai eu 15 ans, je suis allé au casino & j’ai perdu quelques millions, j’aurais préféré le piano, mais au lieu de ça, j’ai appris à rouler des pétards parfaits, & à me faire mes propres fix, avec Gabrielle. C’était l’époque où tout le monde habitaitavenue Foch à Paris et Uptown à New York, on pouvait encore fumer dans les longs courriers, Nevermind est sorti, Nirvana était à la mode avant de devenir ringard, et ensuite culte, on voulait tous mourir trop tôt, pour devenir une légende, je disais que je détestais mon père, Gabrielle était coiffée comme Uma Thurman dans Pulp Fiction, les sushis et les téléphones portables étaient réservés àl’élite, dont nous étions fiers de faire partie, sur les photos, à cette époque, il y avait de la lumière dans mes yeux, j’avais déjà du mal à dormir , mais j’allais en boîte, et je prenais des acides ou du Stilnox, et je voyais douze Gabrielle dans mon lit, au lieu d’une seule, et j’étais peut être heureux.

Nous étions partis pour New York, cette fois-ci pas pour dévaliser le Bergdorf et lesgaleries du Village, même pas pour aller chiner des vinyles introuvables au fin fond d’Alphabet City ou encore des DVD pirates de vieilles séries B géniales jamais éditées, pas non plus pour bosser, je ne bossais plus, je ne foutais rien, j’étais passé maitre dans l’art de déléguer et mes affaires se passaient fort bien de moi, même pas pour aller à l’avant première de X-men 2 ou simplement pour passerun peu de temps dans une ville civilisée où la clim était partout, où les restaurants livraient en un quart d’heure, où les jeunes allaient à l’école, où n’importe qui avait un portier. Nous étions partis pour New York parce que les soupçons de Manon empiraient, et ma parano à moi avait atteint son point culminant, j’avais l’impression permanente d’être suivi, espionné, manipulé, j’allais péter lesplombs, Manon allait péter les plombs, nous étions partis comme ça sur un coup de tête, comme en fuite.

Je ne veux pas que toutes ces personnes, ou à peu près toutes , avec qui j’entretiens des relations courtoises, mais distantes, quand ils me saluent d’une façon amicale et presque intriguée par exemple dans le hall du Prince Maurice, ou du palace de Gstaad, ou du Ritz, tout simplement oudans n’importe quel Four seasons ou sur Madison ou chez Cipriani Downtown, au P.M., au Lotus, au Caves, ou encore de bateau à Riva – Leur bateau, mon Riva – et vice versa au large de Saint-Trop, dans les tribunes du Grand Prix ou à une saloperie de bal de charité, incognito dans un club échangiste, ou dans un bar à putes Moscovites, a dos de Chameau dans un quelconque désert, aux funérailles d’ungrand couturier, ou d’un gangster assassiné ou d’une star de ciné, et dans n’importe quels toilettes, héliport, casino, embouteillages, ascenseur, vente aux enchères, sex-shop, Armani casa, Armani tout court, et même dans une vulgaire rue où seul le hasard pourrait être rendu responsable d’une telle rencontre, eh bien je ne veux pas – Je ne veux pas qu’elles sachent.
Et puis j’ai allumé ma clopeavec un billet de cinq cents euros, mais ce n’était absolument par provocation. Mon briquet, un banal Bic à l’effigie d’Audrey Hepburn, en fait de feu, ne crachotait plus que de pauvres étincelles, et j’étais assis par un malheureux hasard, à une sacrée table de non-fumeuses. Rien de combustibles à l’horizon, j’ai fouillé mes poches, et attrapé le premier papelard venu, que j’ai trempé dans mon...
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