Lettre a menecée , epicure

Pages: 8 (1920 mots) Publié le: 17 mars 2013
LETTRE A MENECEE, Epicure
(Traduction P. Pénisson)

(1) Quand on est jeune, il ne faut pas hésiter à philosopher et quand on est vieux, on ne doit pas se lasser de la philosophie, car personne n’est trop jeune ni trop vieux pour prendre soin de son âme. Dire qu’il est trop tôt ou trop tard pour faire de la philosophie, cela revient à dire que l’heure d’être heureux n’est pas venue encore ouqu’elle a déjà passé. Ainsi et le jeune homme et l’homme âgé doivent philosopher. L’homme âgé afin de rajeunir au souvenir des bonnes choses qu’il a vécues dans le passé, le jeune homme afin d’être, malgré sa jeunesse, aussi serein et exempt de crainte devant l’avenir qu’un homme plus âgé.

(2) Dès lors, il faut rechercher ce qui nous rend heureux, puisque avec le bonheur nous avons tout ce qu’ilnous faut et que si nous ne sommes pas heureux nous faisons tout pour avoir ce bonheur.

(3) Suis et pratique l'enseignement que je ne cesse de te prodiguer et comprends qu’il y va des principes de la vie heureuse.

(4) Et d’abord songe qu’un dieu est un être immortel et bienheureux, conformément à l'idée que nous en avons. Ne lui attribue rien qui contredise cette immortalité et cettebéatitude, par contre accorde-lui tout ce qui convient à l’immortalité et à la béatitude, car l’évidente connaissance que nous avons des dieux montre bien qu’ils existent.

(5) Seulement ils ne sont pas comme le croit la multitude. Et nier les dieux de la multitude ce n’est pas être impie. L'impie n’est pas celui qui nie les dieux de la multitude, mais celui qui attache aux dieux ce que la multitude leurprête dans ses opinions. Car ces dernières, loin d’être des intuitions justes, sont des suppositions fallacieuses; c’est de là que vient l’idée que les dieux sont responsables du mal qui advient aux méchants et du bien répandu sur les bons. C’est que la multitude est prisonnière des idées qu’elle se fait de la vertu, elle veut des dieux qui s’y conforment et rejette tout ce qui est différent.(6) Maintenant habitue-toi à la pensée que la mort n'est rien pour nous, puisqu'il n’y a de bien et de mal que dans la sensation et la mort est absence de sensation. Par conséquent, si l’on considère avec justesse que la mort n’est rien pour nous, l’on pourra jouir de sa vie mortelle. On cessera de l’augmenter d’un temps infini et l’on supprimera le regret de n’être pas éternel. Car il ne resteplus rien d’affreux dans la vie quand on a parfaitement compris que la mort n’a rien d’effrayant. Il faut donc être sot pour dire avoir peur de la mort, non pas parce qu'on souffrira lorsqu’elle arrivera, mais parce qu’on souffre de ce qu’elle doit arriver. Car si une chose ne nous cause aucune douleur par sa présence, l’inquiétude qui est attachée à son attente est sans fondement.

(7) Ainsi lemal qui effraie le plus, la mort, n’est rien pour nous, puisque lorsque nous existons la mort n’est pas là et lorsque la mort est là nous n’existons pas. Donc la mort n’est rien pour ceux qui sont en vie, puisqu’elle n’a pas d’existence pour eux, et elle n'est rien pour les morts, puisqu’ils n’existent plus.

(8) Mais la plupart des gens tantôt fuient la mort comme le pire des maux et tantôt ladésirent comme le terme des souffrances de la vie. Le sage, lui, ne craint pas de vivre: car la vie n’est pas un poids pour lui; mais il ne considère pas non plus le fait de ne pas vivre comme un mal. De même qu’il ne préfère pas une nourriture très abondante à une nourriture très savoureuse, de même, pour le temps, il ne cherche pas à jouir du plus long, mais du plus agréable. Et ceux qui enjoignentau jeune homme de vivre bien et au vieillard de bien mourir disent une niaiserie : d’abord parce que le vieillard aussi goûte la douceur de vivre, et surtout parce que méditer sur la façon de bien vivre et sur la façon de bien mourir, c’est la même chose. Plus niais encore est celui qui tient qu'il vaut mieux ne pas naître et «une fois né, franchir au plus tôt les portes de l’Hadès ». S’il...
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