Limites du marché

Pages: 18 (4419 mots) Publié le: 16 janvier 2011
Dossier n°3 : Marché et société

( Documents :

1) J.M. SERVET, ; « Du troc au réseau. Les marchés dans l’histoire », Sciences Humaines, Hors série n°3, Novembre 1993.

2) J.M. LALLEMENT, « La construction sociale de l’échange », Sciences Humaines, Hors série n°3, Novembre 1993.

3) P. ROSANVALLON, Le libéralisme économique, éditions du Seuil (extraits).

4) K. POLANYI, Lagrande transformation, Gallimard (extraits).

5) R. GUESNERIE, « Des marchés au marché », in L’économie de marché, Flammarion.

6) D. CLERC, « Le marché n’a jamais été toute l’économie », Alternatives économiques, Hors-série n°67, Janvier 2006.

7) G. VINDT, « Le mythe de l’économie libérée », Alternatives économiques, Hors-Série n°67, Janvier 2006.

( Quelques pistes de réflexion:

1) Pourquoi ne peut-on pas assimiler échanges et marché ?

2) En quoi le marché tel qu’il est vu par l’analyse économique est-il réducteur ? Le marché vous semble-t-il apte à traduire l’ensemble des relations économiques et sociales entre les hommes ?

3) Certains auteurs pensent que le marché n’est pas une création spontanée mais une construction institutionnelle. Expliquez.4) Les théories de la régulation distinguent plusieurs formes de régulation. Lesquelles ?

5) K. POLANYI a montré qu’on ne pouvait dissocier l’étude du marché de l’analyse des relations sociales et des institutions. Expliquez.

6) Quels sont les différents types de marchés selon R. GUESNERIE ? Quelles ressemblances présentent-ils ? Qu’est-ce qu’une économie de marché ?

7)Pourquoi le marché a-t-il besoin de règles, d’institutions pour l’encadrer ? Vous illustrerez vos propos par des exemples.

Texte 6 : Le marché n'a jamais été toute l'économie

par Denis Clerc

Les relations non marchandes étaient hégé-moniques dans les sociétés traditionnelles. Et elles demeurent essentielles dans les économies d'aujourd'hui.

On l'a presque oublié : il y a encore deux siècles,l'achat et la vente étaient l'exception ; la majorité de la population française vivait sans monnaie ou presque. Ce « monde que nous avons perdu », pour reprendre le titre du livre de Peter Laslett (1), était composé pour 80 % environ de paysans, dotés au plus d'un hectare ou deux de terres, d'ouvriers ou de journaliers sans terre, de domestiques et d'indigents. Gregory King, en 1688, dans sonTableau du revenu et des dépenses des diverses familles de l'Angleterre, estime que ces groupes sociaux gagnaient et dépensaient 5 à 6 livres par an et par personne, soit l'équivalent de quelques centaines d'euros d'aujourd'hui. Ce qui signifie que l'essentiel de leurs besoins pour vivre - le gîte, la nourriture et le vêtement - était produit par eux-mêmes ou échangé contre des journées de travail.L'économie marchande ne représentait alors qu'un circuit très secondaire, presque entièrement réservé aux classes sociales privilégiées qui, seules, disposaient de suffisamment d'argent pour acheter le produit du travail des artisans. Braudel évoque l' « énorme part de la production se perdant dans l'autoconsommation, de la famille ou du village, n'entrant pas dans le circuit du marché » (2) etqui constitue la vie matérielle, à distinguer de la vie économique, celle qui résulte d'échanges, ponctuels ou habituels, isolés - comme ceux du ramoneur proposant ses services de maison en maison - ou organisés, dans les foires, les marchés et les boutiques.

Pauvreté ? Incontestablement, car ce n'était pas par plaisir ou par choix que les quatre cinquièmes de la population ne vendaient rienou presque sur les marchés existants : à l'évidence, c'est parce qu'ils n'avaient pas grand-chose à vendre, tant leur vie était précaire et leur production limitée. Les institutions sociales qui structuraient ces sociétés traditionnelles - le clergé, le pouvoir politique, le droit de propriété, les règles hiérarchiques... - visaient à maintenir ce que l'on appellerait aujourd'hui la cohésion...
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