Lolipo

492 mots 2 pages
Cet «art des fous» que l'on appelle «brut»

Rédigé par Jean-Philippe Domecq le Lundi 8 Octobre 2001

La rétrospective Dubuffet au centre Pompidou célèbre Fart brut qui lui fut si cher.

L'art des fous, la clé des champs«, titrait André Breton dans un de ses articles sur la peinture surréaliste et ses parages. Parages de la folie et de la solitude qu'exploraient des artistes reclus dans des asiles psychiatriques ou personnels et qu'il fallait aller chercher loin des lieux connusde l'art. Breton constatait que leurs oeuvres, qui ne ressemblent à rien de ce qui se fait en art pendant ce temps, nous ouvrent »la clé des champs« de l'esprit et de l'imaginaire. Du jamais-vu: cités utopiques, mandalas et enseignes à usage codé, portraits où le délire fait mouche.

Dans la foulée, Jean Dubuffet s'est passionné pour ce continent refoulé, au point de créer, à
Lausanne, le musée de l'Art brut. «Brut», et on comprend son initiative lorsqu'on voit, dans la plus belle salle de sa rétrospective au centre Georges-Pompidou (1), sa passion pour la matière brute. Nous-mêmes ne nous est-il pas arrivé de remarquer, lors d'un retour de plage, le granite d'un flanc de falaise ou, plus prosaïquement, les scintillements de mica sur le bitume du trottoir ?
Ces paysages de matière, Dubuffet les dresse sur le mur et leur donne des titres ô combien suggestifs: Sérénité profuse, Messe de terre, la Vie sans l'homme... Dans sa plongée en matière qui donne à penser autant qu'à rêver, Dubuffet n'a pu que se trouver encouragé par l'incroyable liberté avec laquelle les «fous de l'art» ont osé intégrer à leurs tableaux du sable, du café, des tissus, du verre pilé, tout ce qui leur tombait sous la main pour peindre leur monde intérieur.

Et puis, en 1962, Dubuffet a débouché sur le monde de 1 Hourloupe, qui a fait sa célébrité - et
(nuance critique) sa marque de fabrique. Des silhouettes loufoques, bariolées sur fond blanc, contournées d'un épais trait noir (2).

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