Marguerite duras

1652 mots 7 pages
Marguerite Duras – L’Amant - Commentaire composé
Dès que j’atteins l’avenue, que le portail est refermé derrière moi, …, Dire que cette peur dépasse mon entendement, ma force, c’est peu dire. (p. 103 – p. 104 – Edition Minuit)

Pour Marguerite Duras, l’écriture autobiographique a eu une fonction cathartique. Elle n’a pas seulement permis d’ancrer les souvenirs sur papier, mais d’assimiler les événements et de faire ainsi un travail de deuil. La forme fragmentaire du roman permet le passage d’un souvenir à un autre, d’effectuer des décrochages temporels. C’est ainsi que l’évocation du personnage de la mendiante est en mesure de créer un lien intertextuel avec Un barrage contre le Pacifique qui narre déjà l’épisode de cette mendiante au pied rongé par les vers, abandonnant son enfant. Si cette folle a la faculté de surgir de nulle part, il n’y a nul doute que le passage précédent, soit la séparation définitive des amoureux, est un moment décisif de déclenchement. Il s’agit donc de montrer comment ce souvenir a servi de matrice et comment l’enfance a déterminé la naissance à l’écriture sous le signe de la peur et la folie.
L’Amant est un texte qui porte en lui des textes antérieurs, un Hypertexte qui incite à lire à rebours, vers le texte fondateur et matriciel qu’est Un barrage contre le Pacifique. Ces deux romans et le roman L’Amant de la Chine du Nord constituent le cycle indochinois, lequel interfère avec le cycle indien par le biais du climat, de l’époque coloniale et de deux personnages : il s’agit de la mendiante et d’Anne-Marie Stretter, la folle et la femme fatale. A défaut d’approche réaliste et descriptive des personnages, leur saisie poétique et symbolique fait d’eux des archétypes.
L’évocation du personnage de la mendiante provoque la peur de la folie que la jeune fille a ressentie sur sa propre chair lorsque, enfant de huit ans, elle fuyait la folle de Vinhlong : « J’entends son rire hurlant et ses cris de joie (...). Le souvenir est celui d’une

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