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Pages: 39 (9568 mots) Publié le: 5 septembre 2014
50 ans d’indépendance : quelle Renaissance pour les États africains ?

Dr. Djibril DIOP
Chercheur associé au CÉRIUM - Université de Montréal (Québec)
djibril.diop@umontreal.ca
« On a trop dansé en Afrique, on a trop chanté et on a trop rigolé ...Pour cette commémoration il n’y aura ni défilé
militaire pompeux, ni danses endiablées, mais un colloque. Un colloque auquel j’inviterais lesreprésentants de tous les
pays africains qui ont acquis leur indépendance en 1960 afin que l’on réfléchisse sur ce demi-siècle passé et les
cinquante ans à venir », le Président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire, le 31 janvier 2010.

INTRODUCTION
 
En cette année de célébration des 50 ans d’indépendance pour nombre de pays africains1, au‐
delà  de  l’enthousiasme,  c’est  aussi  le  temps du  bilan,  surtout  de  l’introspection  de  ce  qui  est 
advenu de cette accession à la souveraineté internationale. Le premier constat que l’on observe 
est  que,  malgré  ses  multiples  richesses,  l’Afrique  reste  à  la  traine  du  développement.  Aussi,  si 
l’on  peut  déceler  dans  ses  rapports  déséquilibrés  avec  le  reste  du  monde,  notamment 
l’Occident, les dirigeants qui se sont succédés dans les différents pays du continent  depuis les 
années 1960, à quelques exceptions près, ont plutôt manifesté une seule volonté, se maintenir 
au  pouvoir  contre  vent  et  marrée  dans  une  ambiance  très  souvent  teintée  de  mauvaise 
gouvernance,  de  népotisme,  de  corruption,  de  manipulation  des  institutions  et  des  règles démocratiques les plus élémentaires, qui ont permis certains d’entre eux, d’accéder au pourvoir. 
 
Parallèlement,  les  défis  socioéconomiques  se  posent  avec  acuité  et  ne  cessent  de  se 
complexifier  chaque  jour  avec  l’augmentation  rapide  de  la  population,  notamment  dans  les 
centres  urbains2  :  plus  de 2/3  de  la  population  urbaine  vivent  dans  un  habitat  précaire  (72  %) 
sans  services essentiels  (seulement  36  %  de  la  population  disposent  d’un  système 
d’assainissement ; 44 % ont accès à une eau potable) ; 54 % de la population est jeune (moins de 
20 ans) et 46 % vivent dans l’extrême pauvreté avec moins de 1 $ US/jour. Au chapitre sanitaire, 
la  situation  n’est  guère  reluisante.  La  pandémie  du  Sida  continue  de  faire  des  ravages  sur  le continent, dont les enfants et les femmes sont plus exposés (70 % des 40 millions de personnes 
infectées par le VIH dans le monde vivent en Afrique). Outre le Sida, la mortalité maternelle et 
infantile reste plus élevée en Afrique que partout au monde (916 femmes perdent la vie pour 
100  000  naissances ;  30  000  enfants  meurent  chaque  jour  avant  d’atteindre  leur  cinquième 
anniversaire); alors  que  le  paludisme  reste  encore  la  première  cause  de  mortalité  sur  le 
continent,  détruisant  des  familles  entières,  auquel  s’ajoute  la  poliomyélite,  le  choléra,  la 
méningite,  la  bilharziose,  etc.,  et  la  sous‐alimentation  reste  une  équation  insoluble  (30  %  des 
                                                            
1

En 1960, 17 paysfrancophones accèdent à la souvent internationale vis-à-vis de la métropole coloniale, la France.
Toutefois, auparavant, certains pays, notamment anglophones, avaient recouvré leur indépendance : Soudan, Égypte
Maroc, 1956, Ghana 1958…
2
Avec 4 % de croissance annuelle, en 2000 la population urbaine du continent était estimée à 34,3 %, contre 23,3 % en
1980 et elle devra être de 46,2 % en 2020. Àcette date, 37 % des Africains vivront dans une ville millionnaire, contre
22 % en 1990 et seulement 4 % en 1960.


 

enfants de moins de 5 ans sont malnutris, 40 % de la population survivent sous la menace d’une 
crise alimentaire)3 et la gestion des catastrophes naturelles un casse‐tête (glissements de terrain 
en Ouganda, inondations en Afrique de l’Ouest…). 
 ...
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