« On ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes comme un sapin de noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore […] »

Pages: 6 (1329 mots) Publié le: 9 janvier 2012
DISSERTATION

Sujet : « On ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore […] » N. Bouvier.

Dans la civilisation occidentale, où le quotidien est étouffant à cause d’une vie professionnelle prenante, l’individu est rarement épanoui sur le long terme alors le voyage, si possible loin du pays habité, estrecherché pour se ressourcer et se refaire une santé. Bouvier s’oppose justement au touriste, enfermé dans sa bulle, qui ne fait que passer dans un coin du monde à la recherche de distraction et de belles rencontres insignifiantes sur le plan humain. Pour Bouvier, le voyage prend de l’intérêt lorsqu’il permet le changement, le dépouillement, vers une seconde naissance afin de donner un sens à savie. Mais comment y parvenir ? Il faut l’envie de rechercher l’autre, un bout d’humanité, pour que ces rencontres aboutissent à des émotions, à la manière des grands voyages de jadis, au temps où les premiers explorateurs ont découvert de nouvelles régions du monde. Sauf que ce temps est désormais révolu. Mais alors ce voyage, qui est censé vous transformer et vous régénérer, est-il encorepossible dans notre vingt-et-unième siècle ? Aujourd’hui ce sont les aventuriers qui s’identifient le plus à cette définition, par leur volonté de vivre des périples dans des conditions inconnues et souvent difficiles ou de chercher des défis physiques poussés à leur paroxysme. En cela, effectivement, ces exploits vous transforment dans le sens qu’ils vous poussent dans vos limites, dans vos derniersretranchements, ils vous apprennent à vous dépasser en vivant des instants uniques. De quoi faire réfléchir sur le but du voyage. Reste que ces notions sont bien étrangères aux gens ordinaires qui, non préparés psychologiquement et physiquement, voient dans le dépassement de soi un but inutile et impensable pour s’évader.

Nos sociétés occidentales préfèrent en majorité se tourner vers le voyageordinaire, en allant découvrir un pays étranger, de préférence à la recherche du soleil, de la chaleur et de la plage. A travers ce type de voyage, qui est celui auquel on se réfère le plus lorsqu’il s’agit de le définir, l’homme recherche donc l’exotisme en tentant d’échapper à l’ennui et au stress du quotidien. Au premier abord, ce voyage se révèle attrayant puisqu’il apporte le dépaysement, ledivertissement, et un moment de détente bien mérité, mais il se révèle vite décevant sur le plan de l’enrichissement culturel. Pourtant, la narration des voyages est un moment important car c’est le moment d’échanger son histoire avec la curiosité d’autrui, mais d’aucuns ne rapportent, après leurs déplacements, que d’anecdotes ou de détails insignifiants. Faute de n’avoir pu ou voulu baigner dans laculture locale, le narrateur se noie dans des banalités qui ne mettent pas en évidence la singularité du pays visité par rapport à un autre. Au lieu de vivre une expérience vraiment unique, qui le transporte dans une tradition, qui le dépouille de tout ce dont il savait déjà, le voyageur préfère se tourner vers « l’exotisme de pacotille ». Ainsi, la politique agressive du tourisme de masse a euraison de lui, en lui promettant le rêve à coup d’arguments marketing, et l’invite dans les meilleures hôtels, dans une sorte de mixeur géant, où se mêle piscine, restaurant, centre sportif, thalassothérapie, night club… Le tout, agrémenté de visites dans quelques monuments célèbres. De là, naît le désenchantement des voyages.

Cette désillusion du voyage vient du fait que le touriste pensetrouver, ailleurs, une tout autre société que celle qu’il prétend quitter. Pour lui, tout devrait être différent par rapport à ce qu’il connaît déjà dans son propre pays. Mais cette soif de différence apparaît comme une utopie. En effet, l’amateur d’exotisme retrouve partout les traces de sa propre civilisation occidentale. Le voyage qui, en premier lieu, devait permettre la rencontre avec l’autre...
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