OPIOLA_CATHERINE_2014 02 20_Les contes philosophiques de Voltaire

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Les contes philosophiques de Voltaire
La dernière édition des contes de Voltaire parue du vivant de Voltaire date de 1775, reprise d'une édition de 1771. A sa mort,
Voltaire en préparait une nouvelle. L’édition de 1784, qui sert de référence ordinaire, parut à Kehl (en Allemagne, en face de
Strasbourg).
Dates de rédaction
Le premier des contes de Voltaire, Zadig, est déjà, en 1747, l'œuvre d'un homme âgé: ce qui peut sembler aujourd'hui comme des plaisanteries parfois légères, bien dans le goût du temps, sont le fait d'un philosophe au sommet de son art, de sa pensée et de sa réputation. Lorsqu'il publie Candide en 1759, Voltaire est largement sexagénaire. Ces "petits pâtés", comme il appelait ces prétendues œuvrettes, sont en fait des condensés de sa réflexion. Aussi, les dates à laquelle ils sont rédigés ne sont pas indifférentes.
Quatre ensembles : On a pu regrouper tous les contes de Voltaire en quatre séries correspondant à quatre périodes de sa vie et de sa pensée:

DE 1747 À 1752 : Entre les deux pôles que constituent Zadig (1747) et Micromégas (1752), Voltaire rédige de petits contes où la référence orientale est très présente : le Crocheteur borgne, Cosi-Sancta (vers 1747), l'un et l'autre des amusements de salon à tonalité grivoise, le Monde comme il va (1748), Memnon (1749), la Lettre d'un Turc (1750).
Zadig pose le problème de la destinée, et laisse entrouverte la porte du bonheur : la métaphysique est à mesure d'homme. Micromégas pose le principe de la relativité humaine, et condamne absolument cette démesure qui le pousse à s'entre-tuer pour des motifs dérisoires.

DE 1756 À 1759 : Outre deux petits apologues, les Deux consolés et le Songe de Platon, Voltaire rédige les Voyages de
Scarmentado (1756), qui semble presque un brouillon de Candide (1759). L'un et l'autre sont écrits juste après la rédaction de l'Essai sur les mœurs, et témoignent d'une exaspération, une crispation de Voltaire face au spectacle planétaire de la bêtise humaine, de

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