Pensez-vous que l’on puisse traiter de sujets graves et sérieux sur le mode plaisant ou humoristique ? vous appuierez votre réponse sur le corpus et sur des exemples empruntés à d’autres formes d’art, y compris le cinéma.

Pages: 6 (1309 mots) Publié le: 30 décembre 2011
« On peut rire de tout mais pas avec tout le monde » disait Pierre Desproges. Cet humoriste semble indiquer qu’on peut traiter des sujets pénibles sur le ton humoristique. Même en parlant de politique «A part la droite, il n'y a rien au monde que je méprise autant que la gauche » et de la mort « Suicidez-vous jeune, vous profiterez de la mort. » il adopte un ton plaisant ! En cela il ne faitque suivre ses illustres prédécesseurs puisque par exemple, Molière dans ses pièces de théâtre au 17ème, critiquait la société de manière amusante. Cependant on est en droit de se demander si ce mode peut s’appliquer à tous les sujets… Pouvons-nous traiter de sujets graves et sérieux sur le mode plaisant ou humoristique ? Faut-il instruire en plaisant comme le conseillaient Molière et La Fontaine ?Par extension, n’y a-t-il pas certaines limites au rire ?

Relativiser les choses permet à l’homme de les accepter avec plus de philosophie. En effet, transmettre une morale par le biais des animaux comme La Fontaine dans ses fables la rend plus plaisante, plus facile à intégrer. Comme si ce mode permettait à l’Homme à reconnaître ses erreurs plus aisément. Mais dans quelles limites peut-iladopter cette attitude de détachement vis-à-vis des choses pénibles qui font son quotidien ? Les auteurs n'hésitent pas à aborder tous les sujets les plus pénibles. Par exemple, Michel Laclos parle du handicap d'être aveugle avec détachement ironique incontestable « cécité : point de vue. ». On peut aussi citer José Artur qui aborde la mort avec un humour déconcertant : « Un incinéré ne peut passe retourner dans sa tombe ». Mais, par rapport aux sujets les plus pénibles tels que la mort, la maladie, le destin, l’être humain est t-il capable de prendre sans cesse du recul par rapport à ses interrogations sur sa condition mortelle ? Il est indéniable que face aux épreuves pénibles, nous pouvons nous réfugier dans l'absurde, dans ce qui n'a pas vraiment de sens en somme donc dans ce quisemble être détaché de la réalité, comme l'humour. C'est sans doute pourquoi de tous temps les auteurs comme La Fontaine par exemple se sont intéressés aux thèmes sérieux. En effet ce dernier évoque la mort, le pouvoir, ou même le malheur sur un ton plaisant en donnant la parole à des animaux dans ses fables. Son but est tout de même de nous instruire comme le prouve la morale présente à chaque finde texte. On retrouve cet état d’esprit chez Molière dans ses comédies où il formule une critique vive de la société de Louis XIV. L'auteur passe par la caricature les manières de ses contemporains pour mettre en avant leurs travers. Il semblerait donc que l’humour permette aux écrivains de transmettre des idées tout en aidant le lecteur à s'évader afin qu'il ne s'ennuie pas. L’humour est un moyende séduction, un art bien agréable fait pour plaire au lecteur mais qui ne l’empêche pas pour autant de prendre en compte les grandes interrogations de l'Humanité telles que la notion de destin, des sentiments comme l'amour ou encore des événements tels que la mort. Le rire et l’humour détendent et nous rendent plus réceptifs, on pourrait presque parler de thérapie par le rire.

Nouspourrions citer Voltaire qui, par le biais de ses contes philosophiques, parvient à toucher les questions fondamentales du 18ème siècle comme la dénonciation de l’intolérance religieuse ou de la tyrannie grâce à la mise en avant de l'ironie. On retrouve ce procédé dans Candide ou Zadig. Ainsi celui qui rit est plus ouvert et prêt à accepter les choses qu’il n’écouterait peut-être pas sur un ton plussérieux.
L’humour rend plus réceptif aux sujets sérieux, mais n’a-t-il pour autant que ce pouvoir « libérateur » ? Il permettrait de relativiser les questions tragiques, dramatiques touchant à la condition humaine, mais ne devons-nous pas reconnaitre qu’il peut aussi provoquer des attaques ou la gêne et la soumission chez ses cibles?

Un homme peut t-il se dire philosophe car il aborde...
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