pensez vous que l'on puisse traiter de sujets graves ....

Pages: 8 (1896 mots) Publié le: 3 janvier 2015
Introduction
« Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer », lance Figaro à son maître dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais. Il entend par là que prendre les événements de manière détachée, en plaisantant, permet, avec le recul qu’implique l’humour, de mieux les supporter. Le valet conseille donc, comme d’autres avant lui (Rabelais, Molière ou encore La Fontaine) etaprès lui (Ionesco ou l’humoriste Raymond Devos) de ne pas parler de « choses graves » sur le mode sérieux, mais de prendre le parti d’en rire. Pour Nietzsche, la « philosophie » de Figaro, personnage de théâtre, est aussi valable dans la vie réelle : « L’homme », dit-il, « souffre si profondément qu’il a dû inventer le rire ». Peut-on aborder les questions graves sur le mode humoristique ?L’artiste doit-il, comme le conseillait Molière, instruire en faisant rire ? Le parti pris de « rire de tout » n’a-t-il pas des limites ?
I. L’humour rend plus réceptif aux sujets sérieux
1. Qu’est-ce qu’un sujet « grave » ou « sérieux » ?
Que veut dire Nietzche quand il affirme que l’homme « souffre profondément » ? Que faut-il entendre par « sujet sérieux » ou « grave » ? Sans doute les sujets quitouchent à la condition humaine : la vie et la mort, l’ignorance de son destin.
Cependant, à travers toutes les formes d’art, les hommes abordent aussi des sujets sérieux moins philosophiques, plus concrets, tels les faits de société, comme le pouvoir, la guerre, la misère, la religion…
Or, la littérature et l’art en général choisissent paradoxalement des registres plaisants pour traiter de cessujets sérieux : La Fontaine dans ses fables ou Molière dans ses comédies prennent le parti de « plaire » pour mieux conduire leur réflexion, argumenter et « instruire ».
2. L’humour pour divertir
Le fabuliste s’en explique : « Une morale nue apporte de l’ennui ». Car l’humour, par son côté divertissant, détend, évite l’ennui et touche un public varié, peu enclin à lire ou à écouter de longsdéveloppements sérieux et rébarbatifs. Marivaux dans La Colonie met en scène avec humour des féministes avant l’heure : le public préfère sans doute aborder le problème de l’égalité entre hommes et femmes dans une comédie, plutôt que de lire les considérations de Rousseau sur l’éducation des filles dans son traité Émile ou de l’Éducation.
Le succès des apologues, le plus souvent plaisants, confirme lepouvoir de séduction et de persuasion de l’humour. C’est ce qu’avait bien compris Voltaire qui, dans ses contes philosophiques, aborde sur le mode plaisant, en les agrémentant de péripéties rocambolesques, des sujets comme l’esclavage ou la tyrannie. Dans Candide, la guerre, contre toute attente, est présentée comme un beau spectacle : « Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si ordonné queles deux armées ».
3. Le rire « fait passer » la critique
Quand on rit, on est plus enclin à accepter une critique qu’on ne supporterait pas si elle était formulée sur le mode sérieux, parce que le rire introduit une distance. Les grands riaient aux comédies de Molière, se plaisaient à lire les Fables de La Fontaine, se pressaient au Barbier de Séville ou au Mariage de Figaro, tous textes qui neles ménageaient pas et mettaient en cause leurs privilèges.
Molière, dans ses comédies, suit le précepte ancien de la comédie : Castigat ridendo mores : « Corriger les mœurs par le rire ». À de longs développements sur les vices de son temps, il préfère peindre les défauts des hommes en les amplifiant, en les caricaturant et en les incarnant dans des personnages comiques. C’est le rirecathartique, qui « purifie » le lecteur ou le spectateur.
À l’image de La Fontaine qui voulait « tourner nos vices en ridicule » par une « comédie aux cent actes divers » (ses fables), les humoristes politiques, sur scène ou à travers le dessin, rencontrent un vif succès. Les caricaturistes de presse jouent de nos jours le rôle de philosophes, tel Montesquieu dont un large public s’empressait de lire...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Pensez vous que l'on puisse traiter des sujets graves et sérieux sur le
  • « Pensez-vous que l'on puisse traiter des sujets graves ou sérieux sur le mode plaisant ou humoristique
  • Pensez-vous que l'on puisse traiter de sujets graves sur le mode plaisant?
  • Pensez-vous que l'on puisse traiter de sujets graves et sérieux sur le mode plaisant ou humoristique ?
  • Pensez-vous que l'on puisse traiter de sujets graves sur le mode plaisant?
  • Pensez-vous que l'on puisse traiter de sujets graves ou sérieux sur le mode plaisant ou humoristique?
  • Pensez vous que l'on puisse traiter des sujets graves et serieux sur le mode plaisant et ironique?
  • Pensez vous que l'on puisse rire de sujets graves ou sérieux sur le mode plaisant ou humoristiques ?

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !