Peut-il y avoir une morale du plaisir?

Pages: 7 (1526 mots) Publié le: 13 janvier 2014
Dissertation de Philosophie :
Peut-il y avoir une morale du plaisir ?

Si l’Homme éprouve le besoin d’une morale du plaisir, c’est avant tout pour se détourner de ses angoisses. Ces dernières touchent à l’inévitabilité de la mort, la crainte des dieux, la question de la souffrance et la question du sens. Mais la nécessité d’une telle absolutisation du plaisir, qui devient une fin en soi,émerge également de la volonté d’accéder à la vie heureuse. Ainsi il convient de se demander s’il existe une véritable règle de vie, entièrement fondée sur le plaisir, qui permettrait à l’Homme d’atteindre le souverain bien. Autrement dit, le plaisir peut-il constituer à lui seul une ligne de conduite ? Est-ce que ce type de morale connaît des limites ? Mais encore existe-t-il d’autres moyens pourparvenir au bonheur ?

De prime abord, le plaisir a déjà constitué à première vue un art de vivre à part entière et ce depuis l’Antiquité.
Certains penseurs ont orienté leur vie vers différentes sources de bien-être, que ce soit l'amitié, la tendresse, la sexualité libre, les plaisirs de la table, la noblesse de l’âme ou encore un corps en bonne santé. Dans le même temps, les douleurs et lesdéplaisirs, tels que l’humiliation, la soumission, ou la violence étaient à éviter. Les adeptes de cette philosophie, l’hédonisme, se devaient d’être curieux et autonomes intellectuellement, faisant confiance non pas en la foi, mais en leur savoir ainsi qu’en l'expérience du réel. Pour cette raison, la pensée hédoniste a été fermement combattue par les principales religions monothéistes, comme lechristianisme, qui revendiquait la foi chrétienne comme étant l'hédonisme véritable, car menant au plaisir le plus profond et le plus durable, dans la contemplation de Dieu.
Dans sa Lettre à Ménécée, EPICURE expose les principes de sa doctrine, proche de l’hédonisme. L’éthique épicurienne fait du plaisir le souverain bien, cependant à la différence de l’hédonisme, l’épicurisme ne défend pas unplaisir plein, mais plutôt une idée négative du plaisir, qui réside en majeure partie dans l’ataraxie, littéralement « absence de troubles ». Cet objectif n’est réalisable que si celui qui aspire au bonheur accepte de rejeter les opinions fausses sur les dieux, ainsi que la mort (puisque nous ne la vivons jamais à la première personne), afin de ne plus craindre ces deux dernières choses. De plus,Epicure exhorte son lecteur de réguler ses désirs et vivre prudemment, en fuyant à tout prix ce qui peut introduire du trouble dans le corps et l’esprit. Cependant, cette dernière condition suppose que l’éthique épicurienne, tout comme la morale hédoniste, admet des limites.

En réalité, ces morales du plaisir vues précédemment connaissent des limites, autrement dit des contraintes, qui impliquent unecertaine restriction de liberté, par conséquent une restriction du bonheur.
De fait, s’adonner entièrement aux plaisirs peut conduire à l’effet inverse, car la débauche entraîne le plus souvent, après coup, une grande douleur, une frustration. Pour illustrer, on peut dire que dans Les Liaisons Dangereuses de LACLOS, le libertinage poussé à l’extrême du vicomte de Valmont et de la marquise deMerteuil conduit à la perversion de leur liberté. C’est pourquoi Lucrèce, épicurien romain, conseillera des amours légères plutôt que passionnelles. De même, la nourriture, la boisson doivent toujours être consommés avec modération car, s’ils deviennent excessifs, de tels plaisirs peuvent empoisonner le corps. Ainsi, dans La Grande Bouffe de FERRERI, les quatre protagonistes meurent tour à tour dessuites de leur festin frénétique … Pour cette raison et pour se différencier de l’hédonisme, Epicure avance que celui qui veut être heureux devra donc contrôler sans relâche le moindre de ses désirs, et que parmi eux, il faut distinguer ceux qui sont naturels et nécessaires (qu’il faut satisfaire) et ceux qui sont vains.
Le paradoxe de la morale du plaisir épicurienne repose sur un principe de...
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