Philo

2619 mots 11 pages
Corrigé du texte de Rousseau :
Malheur à qui n’a plus rien à désirer !
(Extrait de la nouvelle Eloïse, 1761)

« Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. En effet, l’homme avide et borné[1], fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu’il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparaît devant l’objet même ; rien n’embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure[2] point ce qu’on voit ; l’imagination ne pare plus rien de ce qu’on possède, l’illusion cesse où commence la jouissance. Le pays des chimères[3] est en ce monde le seul digne d’être habité et tel est le néant des choses humaines, qu’hors de l’Etre[4] existant lui-même, il n’y a rien de beau que ce qui n’est pas. Si cet effet n’a pas toujours lieu sur des objets particuliers de nos passions, il est infaillible dans le sentiment commun[5] qui les comprend toutes. Vivre sans peine n’est pas un état d’homme ; vivre ainsi c’est être mort. Celui qui pourrait tout sans être Dieu, serait une misérable créature ; il serait privé du plaisir de désirer ; toute autre privation serait plus misérable. »

Rousseau, La Nouvelle Héloïse, 1761.

Ce corrigé n’est pas rédigé. Mais il met en avant les différentes étapes que vous pouvez suivre au brouillon. Mes remarques méthodologiques seront-elles notées en gras et italiques

.

Le thème général : est bien entendu le désir. Et le rapport que nous entretenons avec le désir. Mais attention bcp trop d’élèves cherchent à simplement lire le texte qu’ils ont sous les yeux, comme si cela suffisait pour l’expliquer. La simple

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