Philosophie, poésie et musique chez pléthon

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Colloque international « (Para-) Textuelle Verhandlungen zwischen Dichtung und Philosophie in der Frühen Neuzeit »/ « (Para-) textual negotiations between poetry and philosophy in the Early Modern Period », Munich, 4-6 mars 2010. Brigitte Tambrun Paris, CNRS, UMR 8584 (Laboratoire d’études sur les monothéismes) Philosophie, poésie et musique chez Pléthon Le philosophe grec Georges Gémiste surnommé Pléthon (ca. 1360-1452 ou 1454), né et élevé à Constantinople, a suivi le cursus complet des études byzantines, le Trivium et le Quadrivium. Il a ensuite à son tour dispensé un enseignement ; mais suite à une protestation émanant de l’Eglise orthodoxe et portant sur les idées qu’il développait, Pléthon a été envoyé, par l’empereur Manuel II, dans le Péloponnèse, à Mistra près de l’antique Sparte, pour devenir le conseiller politique du jeune Théodore II que le basileus venait de nommer despotês de Mistra. Or, bien qu’il ait enseigné les disciplines littéraires comme les disciplines scientifiques – et nous en avons la preuve par différents manuels ou traités qui sont conservés1 – le savant Gémiste Pléthon porte dans son ouvrage majeur mais secret, le Traité des lois, un jugement très négatif sur la poésie. Il refuse d’y voir la source de la philosophie et de la théologie. Ne fait-il là que reprendre à son compte la distinction classique à Byzance entre la « sagesse du dehors » (thurathen) autrement dit, les disciplines profanes, et la théologie ? A la source de toute saine doctrine : les Oracles magiques en vers Pour comprendre sa démarche intellectuelle, il faut rappeler qu’à l’époque de Pléthon, l’Empire des Romains, que nous appelons l’Empire byzantin, est réduit à quelques places fortes et à quelques petites îles2. C’est un empire qui se dit toujours universel, mais qui est presque devenu un empire en Idée, sans territoire, c’est-à-dire sans réalisation terrestre. Le grand problème pour Pléthon qui, installé dans le Péloponnèse, a une famille et deux fils, et même

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