Philosophie

2001 mots 9 pages
Le suicide est un défi. Un défi posé tant au sens commun, soucieux de retarder l'échéance, qu'au sens moral, pour qui la vie est un bien sacré. C'est aussi un affront social : devant le suicidé, la communauté se sent quelque peu coupable de n'avoir pu dissuader le suicidaire, ou du moins, de n'avoir pu lui assurer ce bonheur béat dont le commun se contente jusqu'à la mort naturelle.

Acte de violence, le suicide ébranle nos certitudes et nous met face, malgré nous, à la question lancinante du sens de notre vie et de notre mort. La philosophie est l'apprentissage de la mort, assurait Montaigne, à la suite des stoïciens. Avec Cioran, j'affirmerais volontiers que la pensée suicidaire aide à supporter la vie : au plus profond de mon malheur, je sais qu'il me reste toujours la liberté d'en finir. Ce geste, je le reporte d'heure en heure, tout me sachant libre de décider de sorte que jour après jour, année après année, je parcours tranquillement mon chemin vers mon destin. En tout état de cause, la pensée du suicide - comme possibilité d'achèvement d'une vie accomplie - m'accompagne et me soutient à sa manière, comme un aiguillon de la pensée. Elle est une incitation à remettre au chantier le travail nécessairement inachevé du sens.

Mais cette liberté du suicide est-elle réelle ? En considérant le geste lucide du suicidaire qui, en dehors de toute pathologie, achève délibérément sa vie, nous serions enclins à voir en lui le héros d'une lutte implacable contre le destin. Après tout décider librement de l'heure de notre mort n'est-il pas la meilleure manière d'affirmer notre humanité ? La bête, elle, obéit à l'instinct de conservation, l'homme quant à lui, peut le contrôler et s'offrir délibérément à la Faucheuse. Le suicide serait donc le dernier geste libre possible, l'ultime révolte contre le destin.

Mais pour penser la liberté du geste suicidaire nous devrions tenter de définir cette notion de liberté. Cette dernière est indissociable de l'existence dans

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