PLATON Le Banquet Atramenta

22807 mots 92 pages
Le banquet
Platon
Oeuvre du domaine public.
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LE BANQUET
OU
DE L’AMOUR. Premiers interlocuteurs :
APOLLODORE, L’AMI D’APOLLODORE.
Seconds interlocuteurs :
SOCRATE, AGATHON,
PHÈDRE, PAUSANIAS, ÉRYXIMAQUE,
ARISTOPHANE, ALCIBIADE.
APOLLODORE1.
Je crois que je ne suis pas mal préparé à vous faire le récit que vous me demandez2 : car il y a peu de jours, comme je revenais de ma maison de Phalère3 un homme de ma connaissance, qui venait derrière moi, m’aperçut, et m’appela de loin : Hé quoi, s’écria-t-il en badinant, un homme de Phalère aller si vite ? — Je m’arrêtai, et l’attendis. — Apollodore, me dit-il, je te cherchais justement pour te demander ce qui s’était passé chez Agathon le jour que Socrate et Alcibiade y soupèrent. On dit que toute la conversation roula sur l’amour, et je mourais d’envie d’entendre ce qui s’était dit de part et d’autre sur cette matière. J’en ai bien su quelque chose par un homme à qui Phénix, fils de Philippe, avait raconté une partie de leurs discours ; mais cet homme ne me disait rien de certain : il m’apprit seulement que tu savais le détail de cet entretien ; conte-le-moi donc, je te prie : aussi bien, c’est un devoir pour toi de faire connaître ce qu’a dit ton ami. Mais, avant tout, dis-moi si tu étais présent à cette conversation ? — Il paraît bien, lui répondis-je, que ton homme ne t’a rien dit de certain, puisque tu parles de cette conversation comme d’une chose arrivée depuis peu, et comme si j’avais pu y être présent. — Je le croyais. — Comment, lui dis-je, Glaucon4 ne sais-tu pas qu’il y a plusieurs années qu’Agathon n’a mis le pied dans Athènes ? Pour moi, il n’y a pas encore trois ans que je fréquente Socrate, et que je m’attache à étudier toutes ses paroles et toutes ses actions. Avant ce temps-là, j’errais de côté et d’autre ; je croyais mener une vie raisonnable, et j’étais le plus malheureux de tous les hommes, m’imaginant, comme tu fais maintenant, qu’il fallait s’occuper de toute autre

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