Poème de fréchette

Pages: 5 (1076 mots) Publié le: 21 avril 2013
Quand des antiques jougs l’humanité se lasse ;
Quand il est quelque part un peuple à secourir ;
Qui donc à l’horizon voyez-vous accourir ?
À genoux, opprimés ! c’est la France qui passe !

Sans espoir et sans Dieu l’enfant de la forêt
Traîne-t-il sa misère à l’autre bout du monde,
Qui donc va lui verser la lumière féconde ?
Nations, saluez ! car la France apparaît !

De l’immense avenirresplendissante aurore,
Pour vous joindre en faisceau, peuples de l’univers,
Faut-il percer les monts ou rapprocher les mers,
Paladin du progrès, la France arrive encore !

Faut-il protéger l’humble, écraser Attila,
Relever qui succombe, abaisser qui s’élève,
Vaincre et civiliser par le livre ou le glaive,
Vaillant soldat du droit, la France est toujours là !

La France est toujours là! Même au jour des naufrages,
Comme un phare sublime aux rayons éclatants,
Elle se dresse au bord des abîmes du temps,
De son flambeau superbe illuminant les âges.

La France est toujours là ! Semeur des jours nouveaux,
Elle va prodiguant la divine semence,
Laissant par derrière elle une traînée immense
D’exemples immortels et d’immortels travaux.

Nobles rives du Rhône, et vous, bordsde la Loire,
Tolbiac, Marignan, Cérisoles, Rocroy,
Denain, Ivey, Coutras, Bouvines, Fontenoy,
Dites-nous si le monde a connu plus de gloire !

Et vous, ô Friedland, Ulm, Austerlitz, Eylau,
Lodi, Wagram, orgueil du drapeau tricolore,
Vous qui, malgré Sedan, éblouissez encore,
Dites-nous si l’histoire offre un plus fier tableau !

France, recueille-toi ! France, l’heure est sacrée !L’humanité n’est plus la lourde barque ancrée
Où les marins, croyant leurs labeurs achevés,
S’endormaient au soleil ou chantaient aux étoiles :
Désormais le vaisseau navigue à pleines voiles
Vers les grands horizons rêvés.

Timorés, faites place ! en arrière les lâches !
Voici pour les vaillants le jour des fières tâches.
Le dix-neuvième siècle est un vaste tournant
Où, presque épouvantés desétapes franchies,
Les peuples voient, au front des aubes rafraîchies,
Poindre l’avenir rayonnant.

Oui, tout droit devant nous l’astre promis flamboie ;
Jusqu’au fond du chenil où la routine aboie
Vont luire ses rayons si longtemps attendus.
Mais, hélas ! face à face avec d’autres problèmes,
Que d’hommes vont encor, groupes mornes et blêmes,
S’entre-regarder éperdus !

Comme pourtransformer il faut souvent dissoudre,
Le nouvel avatar aura des coups de foudre,
Des chocs inattendus ; et, spectacle inouï,
Peut-être verra-t-on les nations sans nombre,
Qui se heurtaient naguère en trébuchant dans l’ombre,
Tâtonner le front ébloui.

Qui sera le sauveur ? quel bras puissant et libre,
De l’immense bascule assurant l’équilibre,
Saura maintenir l’ordre en ce fatal milieu ?
Queltimonier serein guidera le navire ?
Quelle main forcera l’Europe qui chavire
À servir les desseins de Dieu ?

Ô France, c’est à toi qu’incombe ce grand rôle.
Ton nom a résonné de l’un à l’autre pôle ;
Sous tous les cieux connus tes généreux enfants.
Fondant et délivrant par la croix ou l’épée,
Glorieux précurseurs d’une ère émancipée,
Se sont promenés triomphants.

Tes hauts faits ontrempli les annales humaines ;
Des sciences, des arts les plus secrets domaines
À tes hardis chercheurs n’ont plus rien à céler ;
Et si ton cœur palpite, et si ton front remue,
Troublée en son ennui, notre planète émue
Croit sentir son axe osciller.

Oui, ton passé fut beau ; superbe est ton histoire ;
Bien des siècles verront de ton ancienne gloire
Le socle à l’horizon du monde se dresser ;Tes fils ont éclipsé tous les héros d’Homère...
Mais tout cela n’est rien ; c’est maintenant, ô mère !
Que ta tâche va commencer.

Tu seras ― et c’est Dieu lui-même qui t’y pousse ―
La pacificatrice irrésistible et douce.
Tu prendras par la main la pauvre humanité
Trop longtemps asservie à la haine ou la crainte,
Et tu la sauveras par la concorde sainte,
Par la sainte fraternité !...
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