Poème temps

Pages: 12 (2762 mots) Publié le: 6 mai 2009
« La force du temps et de l'amour »
Le temps, maître de tout, ternit ce paysage,
Que Flore embellissait des marques de ses pas ;
Et montrant des défauts, où l'on vit des appas,
Il fait un triste lieu de ce plaisant bocage.

Il réduit une ville en un désert sauvage,
Il met comme il lui plaît les empires à bas ;
Il change les esprits ainsi que les États,
Et fait un furieux du peuple leplus sage.

Il étouffe la gloire, il éteint le renom,
Il plonge dans l'oubli le plus illustre nom,
Il comble de malheurs la plus heureuse vie ;

Il détruit la nature, il éclipse le jour ;
Bref, il peut effacer les beautés de Silvie,
Mais il ne peut jamais effacer mon amour

Guillaume COLLETET (1598-1659)

« L'usage du temps »

L'homme n'a rien du temps que l'instant qu'il possède,Quand le temps est perdu, sa perte est sans remède :
Après tant d'embarras, tant de peine et de bruit,
On se trouve à la fin et sans temps et sans fruit.
Chacun se donne en proie au siècle qui l'entraîne,
Au plaisir qui l'amuse, au dessein qui le gêne,
Et comme s'il régnait une fatale loi,
Chacun fait ce qu'il peut pour n'être point à soi.
Homme trop partagé, possède-toi toi-même,
Fais servirtout le temps à ton bonheur suprême :
Chaque instant recueilli te vaut l'éternité.
Ne perds point tant de biens après la vanité.
N'attends pas à demain ; prends pour toi la journée :
Celle que l'on possède est la plus fortunée.
Le présent te regarde, et non pas l'avenir
Ne laisse point couler ce que tu peux tenir.
L'avare ne dit point : à demain la fortune ;
Il prend pour amasser larencontre opportune.
Il abandonne au temps son esprit et son corps.
Le temps est son grand bien, le fond de ses trésors.
De notre illusion l'oubli du temps dérive.
De nos sens enchantés la fausse perspective
Nous montre de bien loin la mort et le tombeau ;
Et l'homme après un siècle à mourir est nouveau.
Ainsi perdant les jours, et comptant par années,
Cent ans dans son erreur ne sont que centjournées.
Le temps pousse le temps d'un insensible effort :
Et vivre, c'est toujours s'approcher de la mort. [...]

François MALAVAL (1627-1719)

« Le temps. »

Tu les comptes, ces heures ?
Moi, je les connais par c' ur.
Puis je les oublie.
Trop nombreuses, elles m’ennuient
Tu les entends, ces secondes ?
Je les écoute ces ondes.
Puis elles disparaissent, perdues
dans un bruit sourdcontinu.
Tu les sens, ces années ?
Moi, je les ais déjà oubliées.
Puis elles reviennent d’un coup
et dans mon c' ur font des trous.
Tu les vois, ces minutes ?
Je les accompagne dans leur chute
Puis à nouveau, elles recommencent
Moi, je reste en bas et je pense :
Le temps entre mes doigts s’amuse.
Toujours masqué, souvent il abuse.
Se jouant de mon âme pour son bon usage
il est le plusfort et c’est bien de son âge.
Philistin PANGER. Poète contemporain

« L'horloge »

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instantte dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortelfolâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh !...
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