Poèmes oniriques pour des recueils de poesie à faire pour l'ecole

Pages: 7 (1680 mots) Publié le: 15 mai 2013
Cauchemar

J'ai vu passer dans mon rêve- Tel l'ouragan sur la grève, -D'une main tenant un glaiveEt de l'autre un sablier, Ce cavalierDes ballades d'Allemagne Qu'à travers ville et campagne, Et du fleuve à la montagne, Et des forêts au vallon, Un étalonRouge-flamme et noir d'ébène, Sans bride, ni mors, ni rêne, Ni hop ! ni cravache, entraîne Parmi des râlements sourds Toujours ! toujours !Ungrand feutre à longue plumeOmbrait son œil qui s'allume Et s'éteint. Tel, dans la brume,Éclate et meurt l'éclair bleu D'une arme à feu.Comme l'aile d'une orfraieQu'un subit orage effraie,Par l'air que la neige raie,Son manteau se soulevantClaquait au vent,

Et montrait d'un air de gloire Un torse d'ombre et d'ivoire, Tandis que dans la nuit noire Luisaient en des cris stridents
Trente-deuxdents.

Paul VERLAINE, Poèmes saturniens, 1866


«...Et de l'autre un sablier...»
Rêves

J'ai rêvé parfois que vos yeux Me regardaient avec tristesse, Que vos grands yeux bleus sérieux Me regardaient avec tendresse ;J'ai rêvé que vous écoutiez Ces mots sur qui la voix hésite, Et qui s'arrêtent effrayés De l'aveu qui sous eux palpite ;Que, dans mes mains, vos fines mains Tombaient comme deuxfleurs fauchées, Et que nos pas, dans les chemins, Laissaient leurs traces rapprochées.Mais je n'ai pas osé rêver, Dans les ivresses ni les fièvres, Que ce bonheur pût m'arriver Que ma bouche effleurât vos lèvres.J'ai rêvé parfois que vos yeux Me regardaient avec tendresse, Que vos grands yeux bleus sérieux Me regardaient avec tristesse

Auguste ANGELLIER, Le chemin des saisons, 1903
Le rêved'un curieux

Connais-tu, comme moi, la douleur savoureuse, Et de toi fais-tu dire : " Oh ! l'homme singulier ! " - J'allais mourir. C'était dans mon âme amoureuse, Désir mêlé d'horreur, un mal particulier ;Angoisse et vif espoir, sans humeur factieuse. Plus allait se vidant le fatal sablier, Plus ma torture était âpre et délicieuse ; Tout mon cœur s'arrachait au monde familier.J'étais commel'enfant avide du spectacle, Haïssant le rideau comme on hait un obstacle... Enfin la vérité froide se révéla :J'étais mort sans surprise, et la terrible aurore M'enveloppait. - Eh quoi ! n'est-ce donc que cela ? La toile était levée et j'attendais encore.

Charles BAUDELAIRE, Les fleurs du mal, 1861

Phantasma

J'ai rêvé l'archipel parfumé, montagneux, Perdu dans une mer inconnue et profondeOù le naufrage nous a jetés tous les deux Oubliés loin des lois qui régissent le monde.Sur le sable étendue en l'or de tes cheveux, Des cheveux qui te font comme une tombe blonde, Je te ranime au son nouveau de mes aveux Que ne répéteront ni la plage ni l'onde.

C'est un rêve. Ton âme est un oiseau qui fuit Vers les horizons clairs de rubis, d'émeraudes, Et mon âme abattue est un oiseau denuit.Pour te soumettre, proie exquise, à mon ennui Et pour te dompter, blanche, en mes étreintes chaudes, Tous les pays sont trop habités aujourd'hui.

Charles CROS, Le Collier de griffes, 1908

Éther

Quand on est sur la terre étendu sans bouger, Le ciel paraît plus haut, sa splendeur plus sereine ; On aime à voir, au gré d'une insensible haleine, Dans l'air sublime fuir un nuage léger ;Il esttout ce qu'on veut : la neige d'un verger, Un archange qui plane, une écharpe qui traîne, Ou le lait bouillonnant d'une coupe trop pleine ; On le voit différent sans l'avoir vu changer.Puis un vague lambeau lentement s'en détache, S'efface, puis un autre, et l'azur luit sans tache, Plus vif, comme l'acier qu'un souffle avait terni.Tel change incessamment mon être avec mon âge ; Je ne suis qu'unsoupir animant un nuage, Et je vais disparaître, épars dans l'infini.

René-François SULLY PRUDHOMME, Les Épreuves, 1866


«...Un archange qui plane...»


Terreur

Ce soir-là j'avais lu fort longtemps quelque auteur.Il était bien minuit, et tout à coup j'eus peur.
Peur de quoi? je ne sais, mais une peur horrible.Je compris, haletant et frissonnant d'effroi,Qu'il allait se passer...
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