PROPHétie autooo

4080 mots 17 pages
IAE Nancy 2 - CAAE EAD

Environnement économique et social - A. PEDON

L'imitation en finance est-elle efficace?
André ORLÉAN - Directeur de recherche au CNRS et maître de conférences à l'École polytechnique. in Pour la Science, Les mathématiques sociales, dossier hors-série, juillet 1999, pp. 120-125.

Les bulles spéculatives et les paniques boursières, telles que celles qui ont touché le Sud-Est asiatique en
1997, résultent de comportements mimétiques, que l'on tente de formaliser.
"Je sais calculer les mouvements des corps pesants, mais pas la folie des foules", aurait déclaré Sir Isaac Newton, après avoir perdu des sommes considérables lors du krach de la South
Sea Company, en 1720. Aujourd'hui, grâce à l'étude des comportements imitatifs, nous élucidons certains phénomènes de foule.
Au début des années 1980, lorsque j'ai commencé à m'intéresser aux comportements mimétiques en finance, les études sur le sujet étaient à peu près inexistantes. Ce constat m'a étonné : l'économie financière théorique écartait ainsi de son champ d'investigation toute référence au mimétisme, alors que, dans le même temps, les analystes et les historiens de la spéculation insistaient sur le rôle des contagions haussière et baissière. Or c'est précisément par l'imitation que l'on explique ces contagions. On y voit des agents acheter puis vendre, parce qu'ils imitent d'autres agents. Ce faisant, ils accélèrent d'autant la hausse puis la baisse des cours.
Pourquoi les économistes ont-ils rejeté l'étude du mimétisme? Parce qu'ils le considéraient comme un comportement irrationnel, celui des moutons de Panurge. Avec l'imitation, nous serions dans le domaine exclusif de la psychologie sociale et des relations d'influence. Au contraire, la théorie économique se veut la discipline des comportements rationnels : l'homo œconomicus ne serait en rien influençable et il agirait en toutes circonstances au mieux de ses intérêts, sans se laisser perturber par les opinions d'autrui.
C'est même

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