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Pages: 5 (1034 mots) Publié le: 13 mars 2013
Documents
A – Charles Baudelaire, « Rêve parisien », Les Fleurs du mal, 1857. B – Paul Verlaine, « Cauchemar », Poèmes saturniens, 1866. C – Raymond Queneau, « En cas d’arrêt même prolongé », Courir

les rues, 1967.
m 1. Par quels éléments le lecteur se rend-il compte que ces poèmes présentent des rêves ou des rêveries ? (3 points) m 2. Relevez, en les commentant, les marques de l’angoissedans chacun de ces textes. (3 points) Après avoir répondu à ces questions, les candidats devront traiter au choix un des trois sujets nos 6, 7 ou 8.

Document A

Rêve parisien À Constantin Guys1

De ce terrible paysage, Tel que jamais mortel n’en vit, Ce matin encore l’image, Vague et lointaine, me ravit.
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Le sommeil est plein de miracles ! Par un caprice singulier J’avais banni de cesspectacles Le végétal irrégulier, Et, peintre fier de mon génie, Je savourais dans mon tableau L’enivrante monotonie Du métal, du marbre et de l’eau.
©HATIER

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Babel2 d’escaliers et d’arcades, C’était un palais infini, Plein de bassins et de cascades Tombant dans l’or mat ou bruni ; Et des cataractes3 pesantes, Comme des rideaux de cristal, Se suspendaient, éblouissantes, À desmurailles de métal. Non d’arbres, mais de colonnades Les étangs dormants s’entouraient, Où de gigantesques naïades4, Comme des femmes, se miraient.

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Des nappes d’eau s’épanchaient, bleues, Entre des quais roses et verts, Pendant des millions de lieues, Vers les confins de l’univers ; C’étaient des pierres inouïes Et des flots magiques ; c’étaient D’immenses glaces éblouies Par tout cequ’elles reflétaient ! Insouciants et taciturnes, Des Ganges5, dans le firmament, Versaient le trésor de leurs urnes Dans des gouffres de diamant. Architecte de mes féeries, Je faisais, à ma volonté, Sous un tunnel de pierreries Passer un océan dompté ; Et tout, même la couleur noire, Semblait fourbi6, clair, irisé ; Le liquide enchâssait7 sa gloire Dans le rayon cristallisé.

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45Nul astre d’ailleurs, nuls vestiges De soleil, même au bas du ciel, Pour illuminer ces prodiges, Qui brillaient d’un feu personnel !
©HATIER

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Et sur ces mouvantes merveilles Planait (terrible nouveauté ! Tout pour l’œil, rien pour les oreilles !) Un silence d’éternité. II En rouvrant mes yeux pleins de flamme J’ai vu l’horreur de mon taudis8, Et senti, rentrant dans mon âme, La pointedes soucis maudits ; La pendule aux accents funèbres Sonnait brutalement midi, Et le ciel versait des ténèbres Sur le triste monde engourdi.
Charles Baudelaire, « Rêve parisien », Les Fleurs du mal, 1857.

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1. Contemporain de Baudelaire (1802-1892), peintre et dessinateur. 2. Nom hébreu de Babylone, ville célèbre par sa tour que les Hébreux voulurent élever pour atteindre le ciel. 3.Chutes d’eau. 4. Nymphes des eaux. 5. Gange : fleuve sacré de l’Inde. 6. Rendu brillant par le frottement, poli. 7. Plaçait dans une châsse, dans un écrin. 8. Logement misérable ; le terme « taudis » fait ici référence à la vie de certains artistes du e XIX siècle.

Document B

Cauchemar

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J’ai vu passer dans mon rêve – Tel l’ouragan sur la grève, – D’une main tenant un glaive Et del’autre un sablier, Ce cavalier Des ballades d’Allemagne1 Qu’à travers ville et campagne, Et du fleuve à la montagne, Et des forêts au vallon, Un étalon
©HATIER

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Rouge-flamme et noir d’ébène, Sans bride, ni mors, ni rêne, Ni hop ! ni cravache, entraîne Parmi des râlements sourds Toujours ! toujours ! Un grand feutre2 à longue plume Ombrait son œil qui s’allume Et s’éteint. Tel, dans labrume, Éclate et meurt l’éclair bleu D’une arme à feu. Comme l’aile d’une orfraie3 Qu’un subit orage effraie, Par l’air que la neige raie, Son manteau se soulevant Claquait au vent, Et montrait d’un air de gloire Un torse d’ombre et d’ivoire, Tandis que dans la nuit noire Luisaient en des cris stridents Trente-deux dents.
Paul Verlaine, « Cauchemar », Poèmes saturniens, 1866.

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