Rire méchant

Pages: 7 (1553 mots) Publié le: 24 mars 2011
On dit parfois du rire qu’il est bête et méchant pourtant au premier abord nous serions tenté de dire que le rire est plutôt joyeux. Déjà à l’Antiquité le rire était source de débat et de grands penseurs mettaient en garde contre les risques qu’engendrait le rire. Ainsi Platon, pourtant fervant défenseur du rire, mettait en garde ses contemporains sur le rire qui pouvait blessé ou être incompriss’il n’était pas utilisé avec intelligence. Quant à Aristote, pour lui le rire ne doit tout simplement pas être. Il le compare à une grimace monstreuse qui déforme le visage et les esprits. Les quatre documents du corpus traitent également de la méchanceté du rire. Trop souvent considéré comme étant une expression de bonheur ou de légèreté, le corpus met en place une interrogation sur les sourcesdu rire, rapellent qu’il peut être méchant, blessant et surtout montrent qui en use et qui le subit.
Baudelaire dans l’extrait de « De l’essence du rire» tiré de Critiques d’art de 1856 présente le rire comme un attribut uniquement humain, non pensé par le Créateur et reflétant à juste titre la faiblesse de l’Homme face à ses tentations. Le rire est pour lui la traduction du manque de contrôlede soi et de l’orgueil qui nous guide dans le regard que l’on a sur les autres. Ce que corrobore Henri Bergson dans son ouvrage Le Rire de 1900 où il décrit le rire comme un défaut, une faiblesse de caractère qui traduit notre indifférence face aux problèmes ou à la douleur des autres et nous conforte dans une dynamique de groupe qui exclut celui qui ne nous ressemble pas. Ce rire d’ailleurs sicontagieux et fédérateur qui nous rend insensible et stigmatise les minorités, est illustré par deux exemples bien précis. L’un est tiré de la littérature française avec un extrait du roman de Gustave Flaubert, Madame Bovary, où l’on lit l’atroce solitude et la sensation de ridicule que ressent le jeune Charles Bovary le jour de son arrivée dans sa nouvelle classe. Flaubert décrit «ces souvenirsamers d’enfance» où l’on n’est alors plus qu’un sujet de moqueries cruelles. Le deuxième est un article du magazine Marianne daté du 18 janvier 1999 et intitulé « les Crevettes roses» écrit par Sylvie Caster. Elle explique comment une phrase d’un des sketchs de Patrick Timsit a emmené l’humoriste devant les tribunaux pour «propos injurieux» après avoir blessé un auditoire atteint de trisomie 21.L’analyse et la confrontation des documents nous amènent à se demander alors qu’est ce que le rire méchant? qui en use et qui le subit?

Pour Baudelaire l’explication est claire, si le rire est synonyme de méchanceté c’est tout simplement qu’il n’est pas du fait du divin. Comme il le dit dans son texte « dans le paradis terrestre (...) la joie n’était pas dans le rire», car dans ce paradiscréer par Dieu, l’Homme ne connaissait «aucune peine», «son visage était simple et uni». C’est donc après avoir été déchu que l’Homme s’est mis à rire, d’un rire «signe d’une grande misère» mais aussi remplit de pathos car «c’est avec le rire qu’il adoucit quelque fois le coeur et l’attire». C’est bien sur cette dualité que met l’accent Baudelaire car il est un élément de la « Chute» de l’Homme et ildevient un «moyen de rachat». Celà prouve bien qu’il est le symptôme «d’une faiblesse d’esprit» de l’Homme imparfait qui cherche à se racheter mais n’arrive pas contenir ses sentiments. Le péché d’orgueil «inconscient» qui commande un rire « irrésistible et subit» est pour l’auteur le point de départ. Il donne comme exemple quelqu’un qui trébuche dans une rue et demande qui n’a jamais rit devantun tel spectacle? Ce sentiment de supériorité qui s’échappe d’un rire causé par le malheur d’autrui prouve selon lui que le rire est synonyme de méchanceté consciente ou non. Cette idée est complétée par Henri Bergson qui voit en plus du sentiment de supériorité, une certaine «insensibilité» et une «indifférence» accompagnant le rire. Car pour lui « le rire n’a pas de plus grand ennemi que...
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