Roman de renart

Pages: 12 (2858 mots) Publié le: 17 septembre 2012
1 • Jean Bodel, Brunain la vache au prêtre

Je souhaite vous raconter l’histoire d’un vilain et de sa femme. À l’occasion de la fête de Notre-Dame, ils partirent à l'église afin de prier. Avant de commencer l'office, le curé vint faire un sermon. Au cours de ce sermon, il affirma que Dieu trouvait bon le fait de donner et qu’il rendait donc au double ce que l’on donnait de bon cœur. - «Entends-tu ce que dit le prêtre ?, dit le vilain à sa femme, « Qui pour Dieu donne de bon coeur recevra de Dieu deux fois plus… Si tu es d’accord, nous ne pourrions mieux employer notre vache qu’en la donnant, pour Dieu, au prêtre. Elle produit d'ailleurs peu de lait. » - « Oui, mon époux, et pour cette raisons, je veux bien qu'il l'ait », dit-elle. Ils regagnent donc leur maison, sans en dire davantage.Le vilain va dans son étable, prend sa vache par la corde et va la présenter au curé. Ce prêtre était fin et rusé... - « Mon père», dit l'autre, mains jointes, « je vous donne Blérain en offrande à Dieu. » Le vilain remet alors la corde dans la main du prêtre et jure que la vache n'est plus sienne. - « Ami, tu viens d'agir en sage », répond le prêtre dom Constant, flairant la bonne affaire qui seprésente, « Tu peux désormais partir, tu as bien fait ton devoir. Si l’ensemble de mes paroissiens étaient aussi avisé que toi, j'aurais du bétail en quantité. » Le vilain prend congé du prêtre qui commande, sans plus tarder, qu'on fasse lier la bête du vilain avec Brunain, sa propre vache, afin que Blérain s’habitue à son nouveau logis. Le curé les amène alors dans son enclos et les laisseattachées l'une à l'autre. Désirant paître, la vache du prêtre se baisse. Mais Blérain ne supporte pas la tension et tire la corde si fort qu'elle entraîne l'autre dehors et la mène en passant par le village et par les prés chez elle, avec la vache du curé. Le vilain regarde, la contemple et en conçoit une grande joie. Il dit alors à sa femme : - « Ah !, chère épouse, il est bien vrai que Dieu rend audouble ce qu’on lui offre. Blérain revient et elle amène avec elle une belle vache brune. Nous en avons donc deux pour une. Notre étable sera petite ! » Ce fabliau veut nous montrer que celui qui ne s’en remet pas au hasard est fou. Les biens sont à celui à qui Dieu les donne et non à celui qui les cache et les accumule. Personne ne peut doubler ses possessions sans bénéficier d’une grande chance.C'est par chance que le vilain eut deux vaches… et le prêtre aucune. Tel croit avancer qui recule.

2 • Rutebeuf, Le testament de l'âne

Il était une fois, un curé qui avait une excellent paroisse, c'est-à-dire qu'il en tirait un très fort revenu. Il avait ses greniers pleins de blé, ses coffres pleins d'argent, ses armoires pleines de linge, et comme il ne faisait guère l'aumône ni la fête,il était riche. Il possédait également un âne, solide, obstiné juste ce qu'il fallait, très doux, qui lui faisait toutes ses besognes. Peut-être parce qu'il n'avait pas beaucoup d'amis, le curé aimait beaucoup cet âne, et, lorsque la bête mourut, il en fut vraiment très chagrin. Il ne pouvait pas se résoudre à l'enterrer n'importe où, ni à l'envoyer à l'équarrisseur. Finalement il l'enterra enplein cimetière des hommes, c'est-à-dire en terre consacrée. « Après tout, se disait-il, est-ce que j'ai jamais eu un meilleur paroissien ? » L'évêque du diocèse3, lui, était d'un caractère tout opposé à celui du curé. Il aimait le luxe, les réceptions, les festins, et il donnait beaucoup aux gens qui lui plaisaient. Bref, il était toujours sans argent. « Qui fait la fête fait des dettes », comme ondit. Et naturellement il n'aimait pas les riches curés avares qui ne reversaient jamais rien à leur évêque ; il écoutait avec envie et avec rage tout ce qu'on rapportait sur leur compte, vrai ou faux. Aussi, lorsqu'on vint à dire un jour devant lui, par hasard ou par malice, que le curé dont je vous parlais avait un lourd péché sur la conscience, qu'on pourrait tirer de lui une belle amende si...
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