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Pages: 6 (1372 mots) Publié le: 19 mai 2014
Libertaire
Ma bohème
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient undoux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !



Voyageur contemplant une mer denuages , Friedrich






L’adjectif qualificatif « libertaire » est illustratif de ce poème. Une personne libertaire est partisane d'une liberté absolue.
En effet, on voit dans ce poème que le narrateur cherche à s’évader, qu’il est à l’affut d’une immensité idéale. Par exemple, on voit dans le poème de nombreux termes évoquant le départ, l’affranchissement des contraintes et l’errance,tels que : « je m'en allais (vers 1) ; poches crevées (vers 1) ; j'allais (vers 3) ; ma course (vers 6) ; au bord des routes (vers 9) ». L’idée de liberté est bel et bien mise en avant et montre que le narrateur est un poète-voyageur qui fuit la société pour traverser la nature.
De plus, on voit que pour le narrateur, la liberté est indissociable de la notion de bonheur car ce poème exprime lesbienfaits d'être au contact d'une nature complice et la liberté des sensations. Cela est illustré, par exemple, par le fait qu’il soit « assis au bord des routes », en ces « bons soirs » où les « gouttes de rosée » coulaient sur son front « comme un vin de vigueur » (vers 9-10-11). On voit qu’à cet instant, son bonheur est maximal et que sa complicité avec la nature lui procure une grandeallégresse.

Ce tableau de Friedrich, intitulé « Voyageur contemplant une mer de nuages » datant de 1815 peut être associé au poème de Rimbaud : « Ma bohème » (1870). En effet, le thème de la liberté est illustré par Friedrich par le fait que l’homme présent sur le tableau soit un voyageur, comme le décrit le titre, mais également par l’importance de la nature. En effet les proportions démesurées de cette« mer de nuages » peuvent nous montrer que cet homme la recherchait. De plus, sa position immobile nous fait comprendre que le voyageur prend le temps d’admirer cette vue, donc qu’il apprécie la nature et la liberté.


Anticonformiste
A la musique
Place de la Gare, à Charleville.

Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous lesbourgeois poussifs qu'étranglent les chaleurs
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.

− L'orchestre militaire, au milieu du jardin,
Balance ses schakos dans la Valse des fifres :
− Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres.

Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs :
Les gros bureaux bouffis traînent leurs grosses damesAuprès desquelles vont, officieux cornacs,
Celles dont les volants ont des airs de réclames ;

Sur les bancs verts, des clubs d'épiciers retraités
Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
Fort sérieusement discutent les traités,
Puis prisent en argent, et reprennent : "En somme !..."

Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins,
Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande,Savoure son onnaing d'où le tabac par brins
Déborde − vous savez, c'est de la contrebande ; −

Le long des gazons verts ricanent les voyous ;
Et, rendus amoureux par le chant des trombones,
Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious
Caressent les bébés pour enjôler les bonnes...

− Moi, je suis, débraillé comme un étudiant,
Sous les marronniers verts les alertes fillettes :
Elles...
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