Sujet : dans les confessions, saint augustin écrit : « le mal [...] est la perversité d'une volonté qui se détourne du bien. » votre lecture des œuvres au programme, macbeth de shakespeare, la profession de foi du

Pages: 23 (5676 mots) Publié le: 2 février 2011
Corrigé dissert ST Augustin sujet + corrigé



Corrigé de dissertation : Saint Augustin

Sujet : Dans Les Confessions, Saint Augustin écrit : « Le Mal [...] est la perversité d'une volonté qui se détourne du Bien. » Votre lecture des œuvres au programme, Macbeth de Shakespeare, La Profession de foi du vicaire savoyard de Rousseau et Les Âmes fortes de Giono, vous conduit-elle à partager cejugement ?

1 Analyse du sujet

On définit la plupart du temps le Mal comme une violation du Bien. Mais encore, par quel procédé le Mal peut-il pervertir le principe du Bien ? Pour Augustin, « Le Mal [...] est la perver­sité d'une volonté qui se détourne du Bien. » Ce mouvement d'éviction du Bien, ce retourne­ment de son principe, procède d'une anomalie dans l'action de la volonté. Ainsi, leMal n'est pas une entité extérieure à l'homme, il n'est pas non plus une chose mauvaise close sur elle-même qu'on pourrait détruire en l'homme, mais un processus d'altération de la faculté qui permet à l'homme d'agir : la volonté. De ce fait, Augustin a l'air d'exclure complètement l'animal de la possibilité de faire le Mal. N'ayant nulle volonté mais agissant seulement sous l'impulsion del'instinct (son programme biologique, naturel), de la pulsion, il ne pervertit rien et reste dans l'expression de sa nature. L'homme, par contre, a l'air de pouvoir passer d'une volonté dirigée vers le Bien (bonne) à un état déchu, la volonté perverse. « Perversité » désigne alors tout ce qui subvertit, contrefait, prend le contre-pied du bon fonctionnement d'une faculté. On jugera « pervers » toutcomportement qui détourne une chose de sa bonne utilisation : par exemple, un enfant sera jugé pervers quand, de manière répétée (donc volon­tairement et non par accident ou expérience), il délaisse sa nourriture (destinée à la consom­mation) pour ingurgiter des objets non comestibles. Par son affirmation, saint Augustin pose donc une norme (un bon fonctionnement, une bonne finalité) de la volontéhumaine et par suite définit précisément sa transgression, qui consiste à ne plus prendre le Bien comme but de ses actions. On se retrouve donc en présence d'une thèse qui oppose diamétralement Mal et Bien et qui explique le Mal comme inverse du second, créant un pur effet de symétrie entre les deux notions. On peut néanmoins se demander si la volonté humaine n'est pas une faculté active et libre,qui doit choisir la direction qu'elle prend et non se la faire assigner a priori par une essence extérieure à elle (le Bien, qui chez Augustin est Dieu). Ainsi, on serait amené à considérer le Mal comme plus complexe, polysémique que l'envers symétrique du Bien, car comment réduire tout comportement non tourné vers Dieu au maléfice ? Par ailleurs, on peut aussi penser que le Mal n'est pas uneperversion d'un principe humain (inté­rieur) mais l'intervention d'une force extérieure à l'homme (transcendante, diabolique) ou tout simplement contraire à l'homme en tant qu'homme (l'inhumanité) et non pas fruit de sa propre volonté. Autrement dit, on en vient à se demander si l'homme a le pouvoir de s'auto-pervertir (il serait donc responsable et coupable du Mal, puisque celui-ci serait lié à sonpropre vouloir) ou s'il est perverti, donc passif face au Mal, auquel cas il y aurait une fatalité du Mal. On retrouve dans notre questionnement l'opposition entre une conception protes­tante du Mal où l'homme subit la force perverse et ne peut y résister, car la volonté n'a pas en elle-même la force de se diriger vers le Bien, ou tout simplement n'existe plus en lui (l'alcoolique face à l'alcool estsouvent représenté comme aboulique*) et une conception du Mal comme résultant de la volonté humaine elle-même, dirigée activement (sciemment) vers la finalité maléfique. Dans les deux cas, l'homme est pensé comme mauvais, soit involontai­rement, soit volontairement et l'on comprend que le Bien ne peut émaner que d'une force supérieure, jamais du choix humain. D'un côté, l'homme est aliéné, de...
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