Sujet: « le poète est un adulte aux larmes faciles » affirme alfred de musset commentez et discutez

Pages: 7 (1568 mots) Publié le: 20 mars 2013
Sujet : « Le poète est un adulte aux larmes faciles » affirme Alfred de Musset
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La création poétique peut, à bien des égards, être perçue comme un moyen par lequel l’homme cherche à récupérer ce qu’il a perdu. C’est d’ailleurs ce que pensaient les poètes romantiques pour qui le premier moteur de l’inspiration poétique ne peut pas être autres chose qu’une harmoniebrisée, qu’une souffrance. D’où cette affirmation de Musset : « le poète est un adulte aux larmes faciles ». Mais le poète ne crée-t-il vraiment que sous la poussée d’une douloureuse inspiration ? Le bonheur ne peut-il pas lui aussi féconder l’invention poétique ?

I- THESE : LA POESIE COMME EXPRESSION DE LA DOULEUR

Lorsqu’un poète pleure, ses larmes ne sont jamais physiques, elles sontartistiques. Dire donc qu’il a des « larmes faciles », c'est dire qu’il produit des vers chaque fois qu’il est sous l’emprise d’une quelconque douleur.

1- La perte d’un être cher
Lorsqu’un poète perd un être cher et qu’une douleur indicible le tenaille, c’est dans la création qu’il trouve refuge et consolation. Qu’on songe aux larmes ciselées de Paul Eluard écrivant dans Le temps déborde, « mamorte vivante », suite à la mort subite de sa femme Nush ; texte poignant que le poète achève par cette lamentation désespérée : « J’étais si proche de toi / Que j’ai froid près des autres » .
Qu’on se souvienne également de ce texte devenu célèbre de Victor Hugo, « demain dès l’aube » extrait de son recueil Les contemplations, écrit suite à la mort accidentelle de sa fille Léopoldine, noyée dansla Seine.
Le poète est ainsi en temps de deuil, cet adulte qui retient difficilement ses larmes.
En fait, il est simplement une âme sensible qui ne peut supporter aucune rupture

2- La souffrance amoureuse
En cas de déception amoureuse, le poète, comme tout autre, ressent une profonde dissonance, une rupture entre le monde et lui. Mais, à la différence des autres, le poète peut compenserce manque. Loin de pleurer de façon gratuite sur son sort, il cherchera à fixer sa douleur dans des formes éternelles.
En témoignent ces vers d’un poème non titré du recueil Le Guetteur mélancolique de G. Apollinaire publié à titre posthume en 1952 :
« O mon cœur, j’ai connu la triste et belle joie
D’être trahi d’amour et de l’aimer encore »
Ces vers mélodieux, c’est à l’amère expérience dupoète que nous les devons.
Des vers analogues sont également produits lorsque le poète souffre non plus seulement dans son âme, mais aussi dans sa chair

3- La souffrance physique et la peur de mourir
C’est ce dont témoigne le poème « Ode » extrait des Derniers vers de Ronsard, publiés en 1586 après la mort du poète.
Ronsard vieillissant et physiquement diminué par la maladie, a décrit dansses poèmes sa décrépitude physique :
« J’ai la tête toute élourdie de trop d’ans et de maladie »
Puis devant l’angoisse de la mort qu’il savait imminente, il écrit :
« Je sens venir ma fin ».
Cette douleur physique et la douloureuse conscience de sa fragilité ont ainsi arraché au vieil homme les accents poignants de ce texte élégiaque.
Faut-il espérer pour autant que les poètes soienttoujours en proie à la souffrance pour que nous bénéficiions de leur art ? Evidemment non ! Autrement, ce serait se ranger du côté de ceux qu’ils accusent d’être leurs bourreaux.

4- L’incompréhension des autres hommes
Bien de poètes se sont souvent plaints, à tort ou à raison, d’être victimes de l’incompréhension et du sarcasme, de la moquerie, des autres hommes. Ce sentiment d’exclusionleur a souvent inspiré des textes touchants.
Baudelaire a ainsi, sous une forme allégorique, dépeint dans « L’Albatros » extrait du recueil Les Fleurs du mal, la condition du poète perçu comme un étranger au milieu de ses semblables :« Exilé sur le sol au milieu des huées ».
Dans un poème du même genre, « Le pin des landes » extrait de España Théophile Gautier plaignant le poète maltraité par...
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