Tartuffe

6395 mots 26 pages
ROBERTO ZUCCO : le mythe de l’assassin automatique dans le théâtre de Koltès

« Signes de vie : la cruauté, le fanatisme, l’intolérance ; signe de décadence : l’aménité, la compréhension, l’indulgence » Cioran, Précis de décomposition. « Le monstre peut surgir de nous, nous pouvons avoir le visage du monstre. » Ionesco, Entre la vie et le rêve. « Au bout d’un siècle l’accroissement du bruit, l’accélération des mouvements et des cadences de travail, la puissance multipliée de l’éclairage artificiel ont peut-être atteint un seuil pathologique et déclenché des instincts de dévastation. » Steiner, Dans le château de Barbe-Bleue.

L

e méchant est sans aucun doute celui qui une fois mort continue à hanter les esprits, au point qu’on ne veuille plus en entendre parler. Le méchant celui au nom duquel on tait le nom. Celui dont on veut effacer le nom porteur d’effroi, de regret, comme si… Cette logique du méchant a hanté la dernière œuvre de BernardMarie Koltès : Roberto Zucco. De Succo, l’assassin réel, nous savons tous qu’il fut un vrai méchant, incontrôlable, « assassin automatique » comme aime à le rappeler Koltès, quatre morts à son actif, dont les exploits apparaissent d’ailleurs au maire de Chambéry de
LA VOIX DU REGARD N° 13, automne 2000

l’époque, M. Louis Besson, région où eurent lieu les crimes, telle « la sinistre chevauchée sanguinaire » d’un monstre. Effectivement, lorsqu’au début des années 1990, la pièce de Koltès sur Succo doit être programmée à Chambéry, le maire s’y oppose face aux pétitions dénonçant « la glorification d’un assassin ». Le méchant appelle l’oubli, comme une hygiène, afin de préserver la consistance du familier, afin de conserver le retour de l’ordre qui marqua la fin du méchant et qui balaya l’angoisse que sa présence suscita. Il incarne l’inhabituel imprescriptible et imprévisible car il ne concorde pas avec

les exigences qui ordonnent l’espace politique. Forcément bourreau, certes il peut fasciner, mais cela en amenant à «

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