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Pages: 13 (3126 mots) Publié le: 13 décembre 2012
|Séquence 5 – Héros ou anti-héros ? |
|Texte 1 |Support : Gargantua, Rabelais (1534), adaptation en français moderne |

Les principaux personnages de Rabelais sont des géants, ils s’entourent decompagnons à taille plus humaine, comme frère Jean des Entommeures. Ici, on voit le moine défendre seul les vignes de son abbayes contre une multitude d’assaillants qui les ont investies, menaçant les prochaines vendanges.


Ce disant, mit bas son grand habit et se saisit du bâton de la croix qui était en cœur de cormier[1], aussi long qu’une lance, remplissant bien la main et quelque peu seméde fleurs de lys, presque toutes effacées. Il sortit de la sorte, dans son beau sarrau[2], avec son bâton de croix, mit son froc[3] en écharpe et frappa brutalement sur les ennemis qui vendangeaient à travers le clos, sans ordre, sans enseigne, sans trompette ni tambour : en effet, les porte-drapeau et les porte-enseigne avaient laissé leurs drapeaux et leurs enseignes le long des murs, lestambours avaient défoncé leurs caisses d'un côté pour les emplir de raisins, les trompettes étaient chargés de pampres, chacun faisait relâche. Il les cogna donc si vertement, sans crier gare, qu'il les culbutait comme porcs, en frappant à tort et à travers, comme els anciens escrimeurs.
Aux uns, il écrabouillait la cervelle, à d’autres, il brisait bras et jambes, à d’autres, il démettait lesvertèbres du cou, à d’autres, il disloquait les reins, effondrait le nez, pochait les yeux, fendait les mâchoires, enfonçait les dents dans la gueule, défonçait les omoplates, meurtrissait les jambes, déboîtait les fémurs, émiettait les os des membres.
Si l’un d’eux cherchait à se cacher au plus épais des ceps, il lui froissait toute l'arête du dos et lui cassait les reins comme un chien.
Siun autre voulait se sauver en fuyant, il lui faisait voler la tête en morceaux en le frappant à la suture occipito-pariétale[4].
Si un autre montait à un arbre, croyant y être en sécurité, avec son bâton il l’empalait par le fondement.
Si quelque ancienne connaissance lui criait :
« Ah ! Frère Jean, mon ami, Frère Jean, je me rends !
- Tu y es bien forcé, disait-il, mais turendras en même temps ton âme à tous les diables !»
Et sans attendre, il lui assenait une volée de coups. Et si quelqu’un se trouvait suffisamment épris de témérité pour vouloir lui résister en face, c’est alors qu’il montrait la force de ses muscles, car il lui transperçait la poitrine à travers le médiastin[5] et le cœur. A d'autres, qu’il frappait au défaut des côtes, il retournait l’estomacet ils en mouraient sur le champ. A d’autres, il crevait si violemment le nombril, qu’il leur en faisait sortir les tripes. A d’autres, il perçait le boyau du cul à travers les couilles. Croyez bien que c’était le plus horrible spectacle qu’on ait jamais vu.



|Séquence 5 – Héros ou anti-héros ?|
|Texte 2 |Support : La chartreuse de Parme, partie I, chapitre 3, Stendhal (1839) |

Stendhal accorde une grande place à l’Histoire et en particulier à Napoléon dans toute son œuvre. Au début de La Chartreuse de Parme, Fabrice del Dongo, jeune Milanais fasciné par l’Empereur, a décidé de suivrel’armée impériale pour réaliser ses rêves de grandeur et d’aventures. Dans ce passage, il assiste au désastre que fut la bataille de Waterloo, le 18 juin 1815 .

Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. Toutefois la peur ne venait chez lui qu'en seconde ligne ; il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles. L'escorte prit le galop ; on...
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