"Tout poème exhaltant une liberté volontairement indéfinie quand celle-ci n'est pas décorée d'attributs nationalistes ou religieux cesse d'abords d'être un poème" b.perret

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Beaucoup de poètes ont utilisé leur art au service d'une cause, d'une idée. C'est ce que réprouve Benjamin Péret dans le deshonneur des poètes : «tout «poème» qui exalte une «liberté» volontairement indéfinie,(...) cesse d'abords d'être un poème» . Ainsi pour Benjamin Péret, la poésie se trouve-t-elle dégradée et perd même son statut de poésie si elle sert une cause politique ou sociale.
La poésie est-elle compatible avec l'engagement personnel du poète?
Dans une première partie on analysera le point de vue de Benjamin Péret et dans une deuxième on nuancera son propos.

Benjamin Péret est un écrivain surréaliste de la première moitié du Xxème siecle. Il écrit le deshonneur des poètes en réponse à un recueil de poèmes publié dans le cadre de la Résistance et signé par Paul Eluard, l'honneur des poètes. Ce texte s'inscrit dans un contexte bien précis, celui de la seconde guerre mondiale, de l'occupation allemande. Durant cette période, beaucoup de poètes ont mis leur art au service de la France, ont utilisé la poésie comme moyen de résistance.
Parmi eux on retrouve Louis Aragon qui écrit la Rose et le Réséda, poème qui évoque l'union des Hommes, malgré leurs différences, au nom de leur patrie, au nom de la liberté.

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats

Dans cet extrait, on comprend que «la belle prisonnière des soldats» désigne la France occupée par les Allemands. Les deux hommes dont parle le poème ont un amour pour la France qui leur permet de dépasser leurs différences.
Benjamin Péret reproche à ces poètes d'avilir la poésie. Pour lui un poème ne peut être au service d'une idée. Ici, il s'agit de libérer la France de ses occupants, de retrouver la liberté. Bien que cette cause soit une cause « juste », il n'est pas justifié aux yeux de Benjamin Péret que la poésie participe à ce débat car elle tombe alors dans l'action politique ou sociale. Pour lui le fait même d'évoquer la

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