Tristan et isseut

112235 mots 449 pages
tristan et iseut béroul / thomas

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Tristan et Yseut (Français moderne)

Tristan
Tristan de Béroul
... qu'il ne fasse semblant de rien. Elle s'approche de son ami. Ecoutez comme elle prend les devants :
"Tristan, pour Dieu le roi de gloire, vous vous méprenez, qui me faites venir à cette heure ! "
Elle feint alors de pleurer...
"Par Dieu, créateur des éléments, ne me donnez plus de tels rendez−vous. Je vous le dis tout net, Tristan, je ne viendrai pas. Le roi croit que j'ai éprouvé pour vous un amour insensé, mais, Dieu m'en soit témoin, je suis loyale : qu'Il me frappe si autre homme que celui qui m'épousa vierge fut jamais mon amant ! Les félons de ce royaume que vous avez sauvé en tuant le Morholt peuvent toujours lui faire croire à notre liaison, car c'est leur faute, j'en suis sûre : mais, Seigneur Tout Puissant, vous ne pensez pas à m'aimer, et je n'ai pas envie d'une passion qui me déshonore. Que je sois brûlée vive et qu'on répande au vent ma cendre, plutôt que je consente à trahir mon mari même un jour ! Hélas ! le roi ne me croit pas ! J'ai lieu de m'écrier : Tombée de haut !
Salomon dit vrai : ceux qui arrachent le larron du gibet s'attirent sa haine ! Si les félons de ce royaume..." "... Ils feraient mieux de se cacher. Que de maux avez−vous soufferts, quand vous fûtes blessé lors du combat contre mon oncle ! Je vous ai guéri. Si vous m'aviez alors aimée, c'eût été normal ! Ils ont suggéré au roi que vous étiez mon amant. Si c'est ainsi qu'ils croient faire leur salut ! ils ne sont pas près d'entrer au paradis. Tristan, ne me faites plus venir nulle part, pour rien au monde : je n'oserai y consentir. Mais sans mensonge, il est temps que je m'en aille. Si le roi le savait, il me soumettrait au supplice, et ce serait fort injuste : oui, je suis sûre qu'il me tuerait. Tristan, le roi ne comprend pas non plus que si j'ai pour vous de l'affection, c'est à cause de votre parenté avec lui : voilà la raison de mon estime. Jadis, je

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