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2285 mots 10 pages
Lord of War / The Constant Gardener : L’Afrique entre la seringue et le fusil

Dans le thriller The Constant Gardener de Fernando Meirelles (La cité de Dieu), un des personnages compare les agissements de l’industrie pharmaceutique en Afrique au trafic d’armes. On pourra se faire sa propre idée sur le sujet puisque sort aujourd’hui, coïncidence ou signe des temps (Télérama y voit un mouvement de fond : la redécouverte de l’Afrique par Hollywood), Lord of war d’Andrew Niccol, film retraçant précisément l’itinéraire d’un de ces "seigneurs de la guerre" qui alimentent le continent en engins de destruction.
Le second prend le parti de la satire et du cynisme pour dépeindre un salaud intégral, alors que le premier, thriller mâtiné de mélo présente des héros classiquement plus positifs (Rachel Weisz en pasionaria des ONG, donnant le sein à un petit orphelin noir après avoir perdu son bébé en couches !). Mais les deux films présentent des ressemblances frappantes : ils dépeignent un Occident tirant profit des malheurs de l’Afrique, ils posent le problème de la responsabilité individuelle face à la tragédie. On pourra également leur faire les mêmes reproches : un manichéisme qui désamorce toute réflexion au profit d’une indignation facile (méchants marchands d’armes et affreuses multinationales), et un regard finalement assez condescendant sur l’Afrique, qu’il tienne de la carte postale (les plans très "National Geographic" de Meirelles) ou de la caricature (la galerie de pantins sanguinaires de Lord of War). On pense souvent au Cauchemar de Darwin qui ne faisait que suggérer ce qui est ici lourdement asséné, et qui soulignait la complexité des interactions entre l’Afrique et l’Occident.
Reste que The Constant Gardener et Lord of war tranchent dans la production hollywoodienne standard par leur efforts très documentés pour rendre compte de la réalité africaine et porter un discours sur le monde tel qu’il va (mal).
On peut signaler ces deux films aux élèves de

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