Vicente verdu, le style du monde. la vie dans le capitalisme de fiction [2003], trad. sara vassallo, stock.

2174 mots 9 pages
Vicente Verdu, Le Style du monde. La vie dans le capitalisme de fiction [2003], trad. Sara Vassallo, Stock.

capitalisme de fiction et littérature de jeunesse.

Vicente Verdu nous offre une réflexion sur l'évolution de nos sociétés à travers la mutation du capitalisme de production en capitalisme de consommation, puis, depuis le début de ce XXIème siècle en capitalisme de fiction. La fiction étant l'invention de choses imaginaires, irréelles, l'auteur nous décrit le style du monde aujourd'hui façonné par un système économique fondé sur la production « d'une nouvelle réalité présentée comme ultime », réalité chargée d'illusions.
A la différence du capitalisme de production puis de consommation, qui concernaient avant tout les biens et le bien-être matériel, le capitalisme de fiction prend en charge, selon l'auteur, « nos sensations et notre confort psychique ».
Si les deux premières formes pouvaient aller de pair avec une liberté de choix, autour d'objets pour se procurer un « semblant de bonheur », le capitalisme de fiction s'articule autour d'un style nouveau venu, selon Vicente Verdu, directement des Etats Unis, le style postmoderne.
Il nous décrit ainsi un royaume du « multiculturalisme » avec des villes « protéiformes » (comme Las Végas), une prolifération des réality-shows télévisés, de parcs à thèmes, de jeux électroniques, dont les jeunes sont de plus en plus dépendants. Dans ce monde postmoderne, l'individu n'est plus en quête d'un environnement matériel, mais d'un sens à sa vie, il a besoin d'être mis en valeur, de se sentir utile et valorisé. La démarche du capitalisme de fiction va dans ce sens, son but est de séduire le citoyen, de l'attirer dans une consommation individualisée de bien être et de divertissement.
L'auteur fait d'ailleurs référence à l'historien Neal Gabler qui affirme que “la révolution introduite par le divertissement constitue le mouvement social et économique le plus puissant”. Ainsi, les cultures, les modes, les

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