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Pages: 5 (1232 mots) Publié le: 7 février 2012
La Région parisienne connaît une crise d’autant plus inquiétante qu’elle est silencieuse. Et c’est un jeune chanteur, Thomas Dutronc, qui tire la sonnette d’alarme : « J’n’aime plus Paris ». Il y a une quarantaine d’années, son illustre père chantait « Il est cinq heures, Paris s’éveille » ; aujourd’hui, Paris semble s’endormir.
On trouve peu d’éléments, dans la presse ou sur la toile,permettant de se faire une idée d’une crise qui se résume pour le moment à une impression diffuse. Il est vrai qu’en ces temps de pré-campagne municipale, la moindre observation, la plus douce critique passe pour un engagement politique pour ou contre la majorité locale.

Les quelques analyses émanant des chercheurs, de la Chambre de Commerce de Paris mais aussi des réflexions du Medef ou de l’InstitutGabriel Péri (Fondation du Parti communiste) aboutissent pourtant à des conclusions étonnamment convergentes sur l’atonie générale de la région et la dégradation de ses fondamentaux économiques et sociaux. Mais ce diagnostic ne donne pas lieu au débat qu’il mériterait.

Il faut remercier François Ascher de mettre les pieds dans le plat, quand il lance que « Paris est aujourd’hui ringard », dansune livraison récente de la revue Pouvoirs Locaux. La formule est violente et peut blesser des équipes politiques qui ont le sentiment d’avoir « mouillé la chemise » pour faire progresser et moderniser l’agglomération. Il est vrai que le problème dépasse très largement les frontières de la capitale, qu’il s’étend à l’ensemble de l’Île-de-France et qu’il ne date pas de l’élection de BertrandDelanoë, comme on le verra. Il est vrai aussi qu’aux yeux des agences de rating, la signature parisienne est aujourd’hui l’une des plus sûres du monde, que les écuries d’Augias ont été nettoyées, que, comme nous le disent les instituts de sondage, la population parisienne, pourtant traditionnellement conservatrice, soutiendrait massivement la politique municipale. La Région, de son côté, a su prendre laresponsabilité des transports, concevoir un nouveau Schéma Directeur tout en inaugurant de nouvelles formes de démocratie participative. L’Île-de-France reste l’un des premiers sites mondiaux de création de richesses, avec Tokyo, New York et Los Angeles, et demeure, avec Londres, la place la plus attractive d’Europe pour les implantations d’entreprises mondialisées. L’ONU, enfin, place la régionparisienne en deuxième position pour la qualité de la vie.

Alors pourquoi s’inquiéter ? Quelques éléments aisément vérifiables peuvent être mis en avant pour le justifier.

Si l’on considère les fondamentaux, le premier symptôme du mal réside dans l’inflexion actuelle de la croissance économique de la région. Hier moteur de la croissance française, la région fait aujourd’hui moins bien, entendances, que la moyenne des régions françaises. Dans les années 1980, et surtout lors de la phase de croissance de la fin de cette décennie, la région a un tigre dans le moteur : « années-fric », certes, mais années de prospérité, de réorganisation et d’expansion des entreprises, avec ce que cela comporte d’effets sur l’emploi et le chômage. A tel point que la « loi Pasqua » d’aménagement duterritoire, au milieu des années 1990, fonde ses attendus sur le « rapt » réalisé par l’Île-de-France sur la croissance et l’emploi français : selon un schéma déjà ancien, Paris est soupçonné de vampiriser la province, de capter indûment la richesse du pays. Et cela sans tenir compte du fait que la métropole francilienne est à la fois le meilleur atout français dans la nouvelle économie mondialisée etla principale – presque l’unique – pompe à redistribuer les richesses créées – via les budgets publics et sociaux – vers le reste du pays.

Dans les années 1990, le moteur de la croissance francilienne se stabilise et l’écart avec le reste du pays cesse de se creuser. Bonne nouvelle pour l’aménagement du territoire, mais pas forcément pour la croissance nationale : le moteur aurait-il des...
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