Voltaire

1124 mots 5 pages
Nous analysons ici une prière chrétienne minutieusement rédigée, autant dans la forme que dans l’esprit. En effet, Voltaire y fait de nombreux vœux qu’il souhaiterait voir exaucés, grâce à l’emploi de l’impératif « fais » suivi de la conjonction de subordination « que » l. 6 : « Fais que nous nous aidions mutuellement, à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère » et de subjonctifs à valeur injonctive : « Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères » l.21, « Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes » l. 21-22. Voltaire a également très souvent recours au champ lexical de la fraternité, qui renforce l’idée de paix déjà soutenue dans ses vœux : « Frères » l.21, « Haïssons pas » l.24, « Paix » l.24. Notons également que l’utilisation récurrente de la 1ère personne du pluriel, du mot « Tous » et enfin de l’adjectif possessif « Nos » insiste sur le fait que l’auteur réalise sa prière au nom de tous les Hommes, qu’ils soient chrétiens ou pas. Il souhaite par conséquent la paix pour tous. Cette prière écrite remplit donc son rôle, car outre son aspect général étudié ci-dessus, l’expression des sentiments du narrateur correspond à ceux d’un chrétien pratiquant. Ainsi, Voltaire fait de lui dans ce texte, un fervent fidèle en se plaçant du côté des Hommes qu’il qualifie de « faibles créatures » à la ligne 2. Il met donc largement en valeur Dieu qu’il considère comme tout-puissant, grâce à la formule d’insistance « C’est à toi » utilisée aux lignes 1, 3 et 4. Il utilise même une périphrase hyperbolique pour le désigner, à savoir « Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps » (Ligne 1-2) qui contraste avec les Hommes qu’il qualifie de simples « atomes » (Ligne 11) « disproportionnées à ses yeux » (Ligne 10). Il n’hésite pas à se rabaisser, comme l’indique la périphrase subjective « Faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers » (Ligne 2-3) qui insiste sur la « petitesse » de

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