Where is the truth
« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : « Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »
Baudelaire, Le Spleen de Paris, XXXIII, 1869
Le cinquième texte que j’ai choisi est « Enivrez vous » de Charles Baudelaire tiré du Spleen de Paris .
Ici , encore comme dans de nombreux poèmes de l’auteur, l’angoisse de la fuite du temps est présente. Le poète conseille , à travers , ce texte d’oublier cette fuite du temps en s’enivrant c’est-à-dire l’ivresse comme remède .
J’ai aimé ce poème en prose qui est très poétique car Baudelaire indique ce remède à l’aide de la modernité qu’il a apportée dans la poésie . Il nous montre comment vivre .
Afin d’illustrer cet œuvre , j’ai pris cette peinture du XIXe siècle de Ramon Casas y Carbo , Après le bal qui représente un femme « enivré » tenant un poème dans sa main .