Yoannnnnnnnn

785 mots 4 pages
L’Omelette

Par cette matinée de printemps où le soleil brillait dans un ciel bleu et où les colombes bombardaient les bâtiments de leurs déjections avec une précision redoutable, qui aurait pensé qu'une terrible menace se profilait pour l'humanité ? Rien ne laissait prévoir qu'un malheur, une imminente catastrophe, une indicible horreur allait faire de cette journée un cauchemar.
 C'est par cette belle matinée que Juan s'éveilla. Rien ne pressait. C'était jour férié. Il resta quelques heures dans son lit à paresser. Puis la faim le décida à se lever. Il alla préparer son petit déjeuner.
 Il entra dans la cuisine en chantonnant, esquissa quelques pas de danse maladroits au son de Thriller, de Michael Jackson, qu'il sifflait faux. En même temps, il disposait tout ce dont il avait besoin pour déjeuner.
 Il plaça une poêle contenant de l'huile sur la plaque de vitrocéramique qu'il alluma. Pendant qu'elle chauffait, Juan, avec une précision de chirurgien, cassa deux œufs, les battit, ajouta une pincée de sel et versa le tout dans la poêle. La masse commença à croître. Juan la répartit sur toute la surface du récipient.
 La masse continuait à croître.
 Juan tapa dessus avec une cuillère.
 La masse continuait à croître.
 Intrigué, il vit l'omelette déborder de la poêle. Il éteignit la plaque. 
 La masse continuait à croître.
 Il essaya de l'arrêter en tapant dessus. Mais elle avait désormais sa vie propre. Elle bougeait, palpitait, rampait dans sa direction, croissait irrésistiblement. Les coups restaient sans effet.
 Il recula, horrifié, tremblant, livide, devant l'horreur qui se formait sous ses yeux.
 L'Omelette palpitait, augmentait de volume, émettait un gargouillis sinistre. Elle se répandit à travers la cuisine jusqu'au frigo où elle s'arrêta. Elle mesurait maintenant un mètre de diamètre et semblait ne plus évoluer. De son centre commença à s'élever une protubérance qui, ensuite, se dédoubla. Puis les grosseurs s'ouvrirent et firent

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