Zola, l'assommoir

Pages: 34 (8486 mots) Publié le: 16 février 2011
Groupement de textes

Bibliothèque nationale de France

AUTOUR DE L'ASSOMMOIR D'ÉMILE ZOLA

L'anthologie : 25 portraits de Gervaise
Premiers portraits : Gervaise à 22 ans – Gervaise aux prises avec la rudesse de l’existence (texte 1) – Gervaise boite (texte 2) – Avec le tête-à-tête avec Coupeau, une première séduction surgit : Gervaise par elle-même. (texte 3) – Son idéal (texte 4) –Gervaise par Coupeau (texte 5) – Gervaise par Goujet (texte 6) Une pièce tombée du bon côté : réussite de la blanchisseuse à 28 ans – "Un bout de trottoir à elle" (texte 7) – Gervaise vue par ses voisins (texte 8) – Un idéal atteint (texte 9) Relâchements : ruine lente et force de l’hérédité – Première nuit chez Lantier sous les yeux de Nana (Coupeau ivre) (texte 10) – La torpeur (texte 11) – L’abandon(texte 12) – Entre Coupeau et Lantier (texte 13) – Gervaise perd la main (texte 14) – Dégoût du travail (texte 15) Chutes : "toutes les crises et toutes les hontes imaginables" – L’eau-de-vie de l’Assommoir (texte 16) – La déchéance physique (texte 17) – Les basses besognes (texte 18) – La leçon de Nana (texte 19) La mort, "épuisée de travail et de misère" – Déshumanisation (texte 20) – Retourvers le passé (texte 21) – Portrait de l’ombre (texte 22) – Gervaise chez Goujet (texte 23) – L’ironie de l’idéal (texte 24) – La mort (texte 25)

ANTHOLOGIE DES PORTRAITS DE GERVAISE
Texte 1 : Gervaise aux prises avec la rudesse de l’existence Gervaise n’avait que vingt-deux ans. Elle était grande, un peu mince, avec des traits fins, déjà tirés par les rudesses de sa vie. Dépeignée, en savates,grelottant sous sa camisole blanche où les meubles avaient laissé de leur poussière et de leur graisse, elle semblait vieillie de dix ans par les heures d'angoisse et de larmes qu'elle venait de passer. Texte 2 : Gervaise boite Gervaise boitait de la jambe droite ; mais on ne s'en apercevait guère que les jours de fatigue, quand elle s'abandonnait, les hanches brisées. Ce matin-là, rompue par sanuit, elle traînait sa jambe, elle s'appuyait aux murs. Texte 3 : Gervaise par elle-même Son visage, pourtant, gardait une douceur enfantine ; elle avançait ses mains potelées, en répétant qu'elle n'écraserait pas une mouche ; elle ne connaissait les coups que pour en avoir déjà joliment reçu dans sa vie. Alors, elle en vint à causer de sa jeunesse, à Plassans. Elle n'était point coureuse du tout; les hommes l'ennuyaient ; quand Lantier l'avait prise, à quatorze ans, elle trouvait ça gentil parce qu'il se disait son mari et qu'elle croyait jouer au ménage. Son seul défaut, assurait-elle, était d'être très sensible, d'aimer tout le monde, de se passionner pour des gens qui lui faisaient ensuite mille misères. Ainsi, quand elle aimait un homme, elle ne songeait pas aux bêtises, elle rêvaituniquement de vivre toujours ensemble, très heureux. Et, comme Coupeau ricanait et lui parlait de ses deux enfants, qu'elle n'avait certainement pas mis couver sous le traversin, elle lui allongea des tapes sur les doigts, elle ajouta que, bien sûr, elle était bâtie sur le patron des autres femmes ; seulement, on avait tort de croire les femmes toujours acharnées après ça ; les femmes songeaient àleur ménage, se coupaient en quatre dans la maison, se couchaient trop lasses, le soir, pour ne pas dormir tout de suite. Elle, d'ailleurs, ressemblait à sa mère, une grosse travailleuse, morte à la peine, qui avait servi de bête de somme au père Macquart pendant plus de vingt ans. Elle était encore toute mince, tandis que sa mère avait des épaules à démolir les portes en passant ; mais çan'empêchait pas, elle lui ressemblait par sa rage de s'attacher aux gens. Même, si elle boitait un peu, elle tenait ça de la pauvre femme, que le père Macquart rouait de coups. Cent fois, celle-ci lui avait raconté les nuits où le père, rentrant soûl, se montrait d'une galanterie si brutale, qu'il lui cassait les membres ; et sûrement, elle avait poussé une de ces nuits-là, avec sa jambe en retard....
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