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Pages: 7 (1728 mots) Publié le: 17 janvier 2011
Carpentra
Etude de cas n°1 – Des systèmes de production différents, des acteurs variés.

Document 1 : Le coton transgénique à l’assaut du Texas.
Sur la route 50, à 15 km de College Station, à l’est du Texas : Buffalo Ranch, 13 000 acres (5 000 ha [1 ha = 10 000 m²]) de jeunes cotonniers. Trois silos grands comme des châteaux d’eau, des engins agricoles aux roues de géant, des hangars etune petite baraque en bois. A l’intérieur, Jess McCrory, une casquette vissée sur sa tête, nous attend devant un ordinateur. Au mur, les cartes de production mondiale du coton et les performances du ranch. Les graines sont transformées en tourteaux et en huile ; les fleurs duveteuses, elles, rejoignent le marché mondial des fibres naturelles [...].
« Alors, quand on a vu arriver, il y a troisans, la variété Bollgard, on a sauté dessus ! », raconte Jess McCrory. Bollgard : le premier coton transgénique capable de synthétiser son propre insecticide, une toxine de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt), dont le gène a été intégré dans son patrimoine [...]. Son bilan est flatteur : si la semence Bt lui coûte plus cher qu’une semence classique (129 contre 69 $ à l’ha), il a divisé par 3,5sa facture d’insecticide (93 contre 333 $ à l’ha). Au final, c’est un gain d’environ 180 $ à l’ha qu’il réalise [...].
Mais, pour l’heure, le propriétaire de Buffalo Ranch n’a rien à craindre : Jess McCrory veille aux graines. Le propriétaire ? « Mais c’est M. Carlos Benetton, l’Italien bien connu du prêt-à-porter ! En fait, il n’utilise pas son coton pour ses vêtements : il préfère le vendreet en acheter en Asie centrale à moindre coût », précise son manager. D’autant qu’il n’est pas sûr que les clients de cette marque apprécient d’être couverts de transgénique.
Vincent Tardieu, Le Monde, juin 1998

Document 2 : Une agriculture mexicaine tournée vers l’exportation.
Ces dernières années, diverses entreprises nord-américaines se sont intéressées à « l’agro-maquila » pour laproduction de fruits et légumes, dont les principes de base sont les mêmes que ceux des maquiladoras1 industrielles ; les compagnies étrangères fournissent le capital, la technologie et le marché, et le Mexique apporte l’espace et la force de travail.
A partir de 1985, les surfaces consacrées à la production de légumes enregistrent une énorme croissance dans les Etats de Mexicali et Nogales. En1977, quatre régions sélectionnées ont réservé 6 000 hectares pour ces cultures, en 1985, 18 500 hectares, et en 1989, 70 500 hectares. Les nouvelles surfaces orientent à 95% leur production en produits frais, congelés ou semi-congelés. Dans l’Etat de Guerrero (sud de Mexico), notamment, déjà en 1975 s’était installée la firme américaine American Products Co, filiale de la Brand. Trois autressociétés se sont installées au cours de la décennie suivante. En 1989, ces entreprises contrôlaient près de 5 000 hectares de terres destinées à la production de melons d’exportation.
1 : maquiladoras, zones industrielles franches situées sur la frontière américano-mexicaine, du côté mexicain, ou des entreprises américaines viennent profiter du faible coût de la main d’oeuvre mexicaine.
JacquesChonchol, Systèmes agraires en Amérique latine, Editions IHEAL 1995

Document 3 : Les fellahs victimes de la libéralisation.
Zeitoun est un village tranquille de Moyenne-Egypte, à une dizaine de km au nord de Beni Souef, chef lieu de la province, et à une bonne centaine de km au sud du Caire, il est situé dans une des zones rurales les plus pauvres du pays [...]. Gad appartient à lacatégorie des privilégiés, de ceux qui exploitent (en location) cinq feddans (2 ha environ) et plus ; il a diversifié ses productions et cultive aujourd’hui des produits à plus forte valeur ajoutée, comme la tomate. « J’ai sept fils, dont deux de mariés, et trois filles. Nos cinq feddans s’avèrent suffisants quand les récoltes donnent bien. Mais, au moindre problème, c’est la catastrophe. »
[...]...
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