J'e fille et du chinois –, et sur un autoportrait, ce qui esquisse les deux dominantes du récit : roman d’amour et autobiographie. dégager les axes de lecture prologue au récit de la liaison de la jeune fille blanche et

Pages: 11 (2729 mots) Publié le: 27 mai 2013
amant peut s’inscrire à plus d’un titre dans le programme d’une classe de Première littéraire. Roman, roman autobiographique, et réécriture du Barrage contre le Pacifique. Certaines pages sulfureuses abordent crûment la sexualité, mais l’aura de la grande écrivaine, le label « prix Goncourt », et le succès de librairie phénoménal (plus de deux millions d’exemplaires vendus), légitiment sans doutecette audace de présenter à des lycéens de 15 ans un roman qui évoque la vie amoureuse et sexuelle d’une lycéenne de 15 ans dans les années 20… Le style est… durassien, c’est-à-dire épuré, chaotique, déroutant ; la narration de même n’est pas linéaire, et fournit une bonne illustration des difficultés de l’autobiographie [1].
Résumé
L’amant est difficile à résumer. C’est une sorte dekaléidoscope dont le centre est la jeune fille de 15 ans (plutôt 16 en réalité) que fut Marguerite Duras, et sa liaison mi-amoureuse, mi-vénale, avec un amant de la bourgeoisie chinoise de l’Indochine française. Autour de ce centre, Duras raconte l’histoire de sa mère et ses deux frères, jusqu’à l’éclatement de la famille, par la mort de chacun des protagonistes. S’ajoutent quelques scènes de la SecondeGuerre mondiale qui peuvent sembler rapportées, mais se justifient peut-être par une contagion autobiographique, une volonté d’évoquer par exemple sa fréquentation du salon collaborationniste de Ramon Fernandez (p. 84), et quelques éléments plutôt confus sur son parcours pendant la guerre. Cela va jusqu’à un étrange parallèle : « Collaborateurs, les Fernandez. Et moi, deux ans après la guerre, membredu P. C. F. L’équivalence est absolue, définitive. C’est la même chose, la même pitié, le même appel au secours, la même débilité du jugement, la même superstition disons, qui consiste à croire à la solution politique du problème personnel » (p. 85). Le fil conducteur reste cette relation amoureuse avec un Chinois, fils d’un riche marchand. Sa mère l’encourage pour des raisons mercantiles, car lafamille est pauvre, et la perspective d’un mariage avec un homme riche est alléchante : « Elle viendra voir la directrice du pensionnat et elle lui demandera de me laisser libre le soir, de ne pas contrôler les heures auxquelles je rentre, de ne pas me forcer non plus à aller en promenade le dimanche avec les pensionnaires » (p. 88). Mais le père du Chinois s’oppose au mariage : « Il refusera lemariage de son fils avec la petite prostituée blanche du poste de Sadec » (p. 45). La jeune fille profite en tout cas de l’occasion pour découvrir la jouissance physique avec le Chinois, ainsi que le fantasme érotique avec une jeune fille de son lycée, Hélène Lagonelle. Elle raconte d’autre part les relations conflictuelles au sein de la famille, la violence exercée par le frère aîné, la mort dupetit frère, la mort de la mère, la déchéance du grand-frère, collabo pendant la guerre (p. 95) ; son alcoolisme à elle.
Quelques extraits
La discontinuité du roman peut dérouter, mais on peut en détacher des pages frappantes. 
 Le portrait initial, comparant son visage à 18 ans à ce qu’il est devenu très vite : « J’ai un visage détruit » (p. 10). Allusion à l’alcoolisme un peu plusloin : « Maintenant je vois que très jeune, à dix-huit ans, à quinze ans, j’ai eu ce visage prémonitoire de celui que j’ai attrapé ensuite avec l’alcool dans l’âge moyen de ma vie. L’alcool a rempli la fonction que Dieu n’a pas eue, il a eu aussi celle de me tuer, de tuer. Ce visage de l’alcool m’est venu avant l’alcool. L’alcool est venu le confirmer. J’avais en moi la place de ça, je l’ai su comme les autres,mais, curieusement, avant l’heure. De même que j’avais en moi la place du désir. J’avais à quinze ans le visage de la jouissance et je ne connaissais pas la jouissance » (p. 15). 
 La réflexion sur l’autobiographie : « L’histoire de ma vie n’existe pas. Ça n’existe pas. Il n’y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne. Il y a de vastes endroits où l’on fait croire qu’il y avait...
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