L''écume des jours

Pages: 203 (50606 mots) Publié le: 13 juin 2012
[pic]

Boris Vian

L’ÉCUME DES JOURS

1947
Table des matières




Avant-propos 5


I 6


II 15


III 19


IV 25


V 27


VI 30


VII 33


VIII 35


IX 37


X 40


XI 45


XII 53


XIII 59


XIV 65


XV 67


XVI 74


XVII 76


XVIII 79


XIX 83XX 86


XXI 89


XXII 97


XXIII 99


XXIV 103


XXV 107


XXVI 110


XXVII 114


XXVIII 116


XXIX 124


XXX 130


XXXI 134


XXXII 137


XXXIII 139


XXXIV 142


XXXV 152


XXXVI 161


XXXVII 165


XXXVIII 167


XXXIX 174


XL 176


XLI 180


XLII 187


XLIII 192


XLIV 200XLV 206


XLVI 213


XLVII 217


XLVIII 222


XLIX 228


L 229


LI 235


LII 241


LIII 245


LIV 250


LV 253


LVI 256


LVII 260


LVIII 262


LIX 263


LX 268


LXI 270


LXII 272


LXIII 274


LXIV 275


LXV 278


LXVI 282


LXVII 285


LXVIII 286


À propos de cetteédition électronique 289




Avant-propos



Dans la vie, l’essentiel est de porter sur tout des jugements à priori. Il apparaît, en effet, que les masses ont tort, et les individus toujours raison. Il faut se garder d’en déduire des règles de conduite : elles ne doivent pas avoir besoin d’être formulées pour qu’on les suive. Il y a seulement deux choses : c’est l’amour, de toutes lesfaçons, avec des jolies filles, et la musique de la Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington. Le reste devrait disparaître, car le reste est laid, et les quelques pages de démonstration qui suivent tirent toute leur force du fait que l’histoire est entièrement vraie, puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre. Sa réalisation matérielle proprement dite consiste essentiellement en une projection de laréalité, en atmosphère biaise et chauffée, sur un plan de référence irrégulièrement ondulé et présentant de la distorsion. On le voit, c’est un procédé avouable, s’il en fut.


La Nouvelle-Orléans.
10 mars 1946.

I



Colin terminait sa toilette. Il s’était enveloppé, au sortir du bain, d’une ample serviette de tissu bouclé dont seuls ses jambes et son torse dépassaient. Ilprit à l’étagère de verre, le vaporisateur et pulvérisa l’huile fluide et odorante sur ses cheveux clairs. Son peigne d’ambre divisa la masse soyeuse en longs filets orange pareils aux sillons que le gai laboureur trace à l’aide d’une fourchette dans de la confiture d’abricots. Colin reposa le peigne et, s’armant du coupe-ongles, tailla en biseau les coins de ses paupières mates, pour donner dumystère à son regard. Il devait recommencer souvent, car elles repoussaient vite. Il alluma la petite lampe du miroir grossissant et s’en approcha pour vérifier l’état de son épiderme. Quelques comédons saillaient aux alentours des ailes du nez. En se voyant si laids dans le miroir grossissant, ils rentrèrent prestement sous la peau et, satisfait, Colin éteignit la lampe. Il détacha la serviette quilui ceignait les reins et passa l’un des coins entre ses doigts de pied pour absorber les dernières traces d’humidité. Dans la glace, on pouvait voir à qui il ressemblait, le blond qui joue le rôle de Slim dans Hollywood Canteen. Sa tête était ronde, ses oreilles petites, son nez droit, son teint doré. Il souriait souvent d’un sourire de bébé, et, à force, cela lui avait fait venir une fossetteau menton. Il était assez grand, mince avec de longues jambes, et très gentil. Le nom de Colin lui convenait à peu près. Il parlait doucement aux filles et joyeusement aux garçons. Il était presque toujours de bonne humeur, le reste du temps il dormait.


Il vida son bain en perçant un trou dans le fond de la baignoire. Le sol de la salle de bains, dallé de grès cérame jaune clair,...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • Ecume des jours
  • Écume des jours
  • Écume des jours
  • ecume des jours
  • Ecume des jours
  • Ecume des jours
  • Ecume des jours
  • Ecume des jours

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !