L'enfant noir

251 mots 2 pages
J'étais enfant et je jouais près de la case de mon père .Je devais être très jeune encore : cinq ans , six ans peut-être. Ma mère était dans l'atelier, près de mon père, et leur voix me parvenait rassurante, tranquille, mêlée à celles des clients de la forge et au bruit de l'enclume. Brusquement, j'interrompis de jouer, l'attention, toute mon attention, fut captée par un serpent qui rampait autour de la case, je m'approchai bientôt. Je ramassai un roseau qui traînait dans la cour et, à présent, j'enfonçai ce roseau dans la gueule de la bête. Le serpent ne se dérobait pas : il prenait goût au jeu : il avala le roseau, il l'avala comme une proie. Il vint un moment où le roseau se trouva à peu près englouti, et où la gueule du reptile se trouva terriblement proche de mes doigts. Je riais, je n'avais pas peur du tout, et je crois bien que le serpent n'eût plus beaucoup tardé à m'enfoncer ses crochets dans les doigts si, à l'instant, Damany, l'un des apprentis ne fût sorti de l'atelier. L'apprenti fit signe à mon père, et presque aussitôt je me sentis soulevé de terre : j'étais dans les bras d'un des amis de mon père. Un peu plus tard, j'entendis ma mère m'avertir sévèrement de ne plus jamais recommencer un tel jeu.
Camara LAYE. In. L'enfant noir. Ed.

en relation

  • l'enfant noir
    301 mots | 2 pages
  • L'enfant noir
    3026 mots | 13 pages
  • l'enfant noir
    373 mots | 2 pages
  • l'enfant noir
    1930 mots | 8 pages
  • L'enfant noir
    1744 mots | 7 pages
  • L'enfant noir
    559 mots | 3 pages
  • L'enfant noir
    1703 mots | 7 pages
  • L'enfant noir
    1724 mots | 7 pages
  • L'enfant noir
    271 mots | 2 pages
  • L'enfant noir
    275 mots | 2 pages