L'identite pofessionnelle

Pages: 29 (7050 mots) Publié le: 26 mars 2012
Portraits d’éducateurs
Yvon Bazin, Francis Alföldi et Didier Lépine. Trois histoires d’éducateurs, trois cheminements différents pour la même passion du métier. Un travail qui ne nécessite peut-être pas la vocation mais demande qu’on l’aime pour être bien fait. Le premier atteint par l’âge de la retraite a fini ; le second est possédé par un enthousiasme communicatif ; le troisième après biendes pérégrinations cherche encore à découvrir

Mémoires d’un éducateur modèle
Yvon Bazin a commencé le métier au début des années soixante comme « préstagiaire » dans les centres plus ou moins fermés d’alors. Même s’il conserve quelques souvenirs nostalgiques de cette époque il ne souhaite pas du tout en voir revenir les excès. Il a terminé une carrière bien remplie comme directeur départementalde la PJJ
« Les établissements qui existaient, au début des années 60, au sein de l’administration qui s’appelait encore à l’époque l’Éducation surveillée, avaient été conçus pour répondre à l’ordonnance de 1945 sur l’enfance délinquante. Ce texte demandait aux magistrats de sanctionner les jeunes délinquants en fonction de la gravité de l’acte commis, mais aussi en fonction de leurs possibilitésd’évolution. Il fallait donc déterminer la nature de leur personnalité. D’où le passage par les Centres d’observation publics (COPES) qui devaient, en 6 mois, donner une appréciation sur les capacités d’amendement du jeune et déterminer son orientation soit vers un établissement de formation (IPES), soit vers un internat si le jeune travaillait déjà (appelé aussi foyer de semi-liberté).
Lepremier centre où j’ai travaillé en 1961 était celui de Savigny : j’avais répondu à une petite annonce qui demandait des contractuels. Le premier matin où je suis arrivé, j’ai été très surpris : une fois le portail ouvert deux cents jeunes en bleu de travail et grosses chaussures, entourés de leurs éducateurs et instructeurs techniques, tous en rang, et ce claquement de talon quand le surveillantgénéral cria « garde-à-vous ». Je me suis alors demandé où j’étais arrivé. Les jeunes étaient classés par âge et par symptômes. Certains vivaient dans des bâtiments neufs avec des chambres individuelles qu’on fermait la nuit. Mais d’autres étaient hébergés encore dans les antiques chambrettes grillagées qu’on appelait « cages à poules », celles dont les portes, héritage de l’administration pénitentiaire,se fermaient toutes en même temps. Ils étaient donc là pour être « observés ». C’est progressivement qu’on s’est orienté vers l’individualisation des prises en charge. À l’époque la prégnance de la structure collective avait un poids important. C’est le groupe qui primait. Tout le monde était pris dans un rapport de violence. Les relations avec les jeunes étaient basées sur la vision d’unéducateur modèle. L’adulte était la référence absolue : il savait tout, pouvait tout et devait être le plus fort. C’est si on ne se plaçait pas dans cette toute-puissance qu’on se trouvait en difficulté. Certains éducateurs arrivaient à s’imposer du fait de leur seule personnalité. Le rapport de force induit par l’organisation de la structure elle-même, poussait, le cas échéant, à s’imposer physiquement.La violence était aussi un rite incontournable quand les jeunes rentraient de fugue : ils étaient systématiquement passés à tabac, avant d’être mis au mitard.
Ma deuxième affectation a été dans un centre d’observation pour les 8/14 ans à Bures-sur-Yvette, dans la vallée de Chevreuse. Là, changement complet de décors : c’était une toute petite unité de 36 enfants répartis sur trois groupes dansdeux pavillons. Je me suis retrouvé avec les 12-14 ans. J’en garde un souvenir très fort. Mais, là aussi, mon absence de formation m’a pesé. Je me souviens de mon désarroi pour adopter la bonne attitude quand, un jour, je me suis retrouvé à essayer de consoler un enfant de 10 ans qui avait fondu en larmes dans mes bras. Mais quelle vitalité ! On les voyait revivre et progresser pendant leur...
Lire le document complet

Veuillez vous inscrire pour avoir accès au document.

Vous pouvez également trouver ces documents utiles

  • L'identité
  • L'identité
  • L'identité
  • L'identité
  • L'identité
  • l'identité
  • L'identité
  • L'identité

Devenez membre d'Etudier

Inscrivez-vous
c'est gratuit !