L'ignorance et aristote

2079 mots 9 pages
1. Dans ce texte, Aristote cherche à déterminer quels sont les actes qui peuvent être l'objet d'une récompense ou d'un châtiment. Celui qui a enfreint la loi, mais par ignorance de cette loi même, peut-il être puni ? Et celui qui est contraint à une « action perverse » par la force, sous la menace, par exemple celui qui fait un faux témoignage sous la torture, c'est-à-dire qui consent à mentir pour s'épargner des souffrances ? Et cet autre qui, épris de boisson, s'engage dans une querelle qu'il aurait évitée s'il avait été sobre ? La réponse d'Aristote est simple : on ne peut être récompensé ou blâmé que des actes dont on peut être tenu pour responsable. Reprocher à un homme d'avouer n'importe quoi sous la torture, c'est lui reprocher de souffrir. Or, quoi qu'en disent les stoïciens, la souffrance ne dépend pas de nous : celui qui souffre n'est pas responsable de sa souffrance, et on ne saurait lui reprocher d'avoir fait ce qu'il pouvait pour y mettre un terme. Plus généralement, celui qui agit mal, mais sous la contrainte, n'étant pas au principe de ses actes, celui-là ne peut pas être tenu pour responsable de ces actes eux-mêmes, et par conséquent ne saurait en être châtié.
Le cas le plus délicat est donc celui de l'ignorance : car enfin, est-elle une excuse suffisante pour nous dispenser de la responsabilité de nos actions ? Aristote répond par la négative, parce que l'ignorance n'est pas en soi un concept univoque, et c'est ce point qui constitue l'objet de toute la dernière partie de notre texte. Il existe en effet deux sortes d'ignorances, celle dont on est responsable et celle qui ne dépend pas de nous ou dont les fautifs « ne sont pas eux-mêmes causes ». Ainsi, si l'alcool trouble mon jugement au point de me faire commettre des actes que je me serais interdits en temps normal, j'aurais beau jeu d'invoquer une ignorance temporaire du bien et du mal : cette ignorance, j'en suis la cause, puisque c'est en toute conscience que j'ai accepté de boire. J'ai même

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