A l’ouest rien de nouveau

par

Un témoignage de l’horreur de la guerre

Directement vue par les yeux de Paul Baümer et de ses amis, la guerre nous est dépeinte dans toute sa cruauté par l’auteur. Nous avons donc, tout au long de l’œuvre, le double point de vue à la fois du jeune homme qui découvre la guerre d’un œil neuf, mêlé à celui d’Erich Maria Remarque qui, lui, l’a vécue. Il transpose ainsi ses émotions dans le personnage de Paul, faisant de lui le témoin des évènements qui l’ont marqué quelques années plus tôt.

L’horreur sous toutes ses formes y est décrite ; en effet, le roman semble y être tout consacré. On découvre donc ce à quoi un jeune homme est capable de se livrer lorsqu’il sent sa vie en danger ou que l’annihilation, parfois salvatrice, de toute émotion l’a rendu presque insensible. En effet, au chapitre IV, après un bombardement, on assiste à une scène tragique : Paul et son ami Kat décident d’achever l’un de leurs compagnons à l’agonie, sérieusement blessé au ventre par un tir d’obus. Ainsi, l’horreur de devoir trouver la délivrance dans la mort est pleinement présente. On peut également assister à la longue agonie de Muller, qui témoigne de l’horreur que constitue le spectacle d’amis mourant à ses côtés, sans pour autant qu’il soit permis de s’arrêter de combattre.

C’est là un second témoignage de l’horreur de la guerre, de la guerre qui divise et pousse à oublier les autres. Même si l’amitié qui lie Paul à ses camarades est très forte, il est cependant obligé de supprimer ses émotions et de ne pas tenir compte des corps qui tombent autour de lui, y compris ceux de ses amis, et ce pour assurer sa propre survie. En...

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