La maison du chat qui pelote

par

La duchesse Carigliano

La duchesse Carigliano représente l'exact opposé du personnage d’Augustine. Célibataire, âgée de vingt-et-un an, elle possède une beauté voluptueuse, tentatrice, presque démoniaque. Tandis que la jeune fille du drapier a grandi en subissant l’étroitesse d’une éducation pieuse, stricte, n'ayant pour elle que sa bonté et la générosité des traits ouverts de son visage, qui contiennent la beauté pure adulée au départ par le peintre, la duchesse, elle, irradie de puissance par la liberté dont elle dispose : « La duchesse était une femme supérieure en tant que femme » comprend Augustine alors qu'elle s'apprête à aller lui rendre visite afin d’en apprendre davantage des arcanes de la séduction qui lui ont ravi le cœur de l'artiste.

Tout d'abord, lorsque la jeune fille entre dans le boudoir de la duchesse, il lui semble apercevoir dans la disposition même des meubles et de la tentatrice une mise en scène propre à donner l'illusion de pénétrer dans un tableau. La séduction suinte de cette chambre par les jeux de lumière, les matières somptueuses comme le velours, les couleurs chaudes comme le vert sombre et le bronze. La duchesse Carigliano a donc une dimension érotique, irradie d’une beauté charnelle, à l’opposé des maigres ressources d’Augustine. De plus, la duchesse renonce à toute moralité, ce qui lui donne une mesure d'avance sur Mme de Sommervieux. En effet, lorsque celle-ci pénètre dans le boudoir, la duchesse est en train de congédier tranquillement son précédent amant, lui fixant un rendez-vous ultérieur au bois de Boulogne. Ainsi, en affichant clairement sa liberté à disposer des hommes comme elle le souhaite, elle s'affranchit également des...

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